Second film de Bong Joon-ho, et déjà un premier chef d’œuvre, Memories of murder révèle le réalisateur à l’international, dans la lignée de la nouvelle vague de cinéastes coréens (Park Chan-wook, Kim Ki-duk, Hong Sang-soo) qui déferle sur le monde. Polar sombre et poisseux, filmé dans un quasi noir et blanc, le film plonge sur les traces d’un tueur de femmes qui terrorise une région rurale près de Seoul. Monstre politique, comme la créature de The Host quelques années plus tard, le premier serial killer coréen devient ici une émanation de la Corée des années 1980 et un miroir tendu à un régime militarisé et répressif. Une manière de lier fait divers et fait politique, pour le cinéaste dont l’œuvre ne cesse d’interroger les rapports de classe et les oppressions.
À l’occasion de l’arrivée de Memories of Murder dans l’abonnement, UniversCiné a rencontré Stéphane Du Mesnildot, ancien journaliste aux Cahiers du cinéma et auteur (Memories of murder : l’enquête, Enfers et fantômes d'Asie...). Le spécialiste du cinéma asiatique analyse ce premier blockbuster coréen dans son ouvrage Memories of murder : l’enquête, paru en décembre 2018 chez The Jokers.
Attention : l'entretien comporte des spoilers du film, à regarder après visionnage de Memories of murder.
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