"Même si des films à thématique LGBT commencent lentement à être produits en Espagne, dit-il, presque aucun ne prend en compte la problématique de l'intégration sociale, et aucun ne se déroule en milieu rural. Lorsque le Berdindu m'a demandé d'écrire un scénario pour un film LGBT qui se passerait au Pays basque, j'ai immédiatement pensé à placer l'action dans la campagne de la région de Biscaye et à centrer le film sur un homme plus très jeune qui vit toujours dans la ferme familiale." Ce contexte a rapidement valu au film l'étiquette de "Brokeback Mountain basque".
Ce qui est à peu près l'envers du film de Roberto Castón. Lorsque Wayne Wang adapte le récit d'Annie Proulx, il raconte l'histoire d'un amour dont une vie entière ne lui suffit pas à se réaliser, alors que le cinéaste basque observe comment s'accomplit et s'assume le même amour entre hommes. Le premier est un mélo quand le deuxième est une chronique plus naturaliste.

"Les personnages sont divisés en deux groupes, explique le réalisateur. Le premier comprend ceux qui, ayant vécu des expériences plus ou moins douloureuses, sont débarrassés de certains préjugés. Dans le deuxième on trouve des campagnards, élevés dans le respect de valeurs morales très strictes, et qui se sentent menacés par tout changement. Le personnage central se situe dans le conflit entre ces deux groupes, plus que dans l'histoire d'amour elle-même. Rien n'est simplement noir ou blanc ; nous sommes face à des nuances de gris, la réaction des gens est imprévisible."

Sur Universciné, d'autres réalisateurs ont eux aussi tenté d'aborder l'homosexualité en cherchant une expression très personnelle, tel le portugais João Pedro Rodrigues avec O Fantasma, le français Alain Guiraudie avec Ce vieux rêve qui bouge et Du soleil pour les gueux, ou le Suisse Lionel Baier à travers un road movie original Comme des voleurs (à l'est)...