L'Exorciste (1973)

Après avoir révolutionné le polar avec French Connection, William Friedkin adopte le même traitement « documentaire » avec L’Exorciste, adaptation du best-seller de William Peter Blatty. Cette approche réaliste, renforcée par le point de vue « non-croyant » de Friedkin, confère une aura terrifiante au chemin de croix de la petite Regan et transforme le film en chef d’œuvre du genre. Une véritable date dans l’histoire du cinéma d’horreur.


French Connection (1971)

Difficile de savoir par où commencer pour lister les raisons de l’aura indémodable de ce jalon du film policier : l’interprétation bouillonnante de Gene Hackman, possédé par son rôle de « Popeye » Doyle, qui lui vaudra un des cinq Oscars remportés par le film ; le réalisme de sa vision d’une New-York sale et trépidante, bien loin de l’image publicitaire de la Grande Pomme ; ou sa fameuse scène de course poursuite en voiture, qui révolutionna le genre, cinq ans après Bullitt.


Le Convoi de la peur (1977)

Echec retentissant à sa sortie, Le Convoi de la peur (Sorcerer) fait pourtant désormais partie des œuvres emblématiques de Friedkin, dont le tournage dans la jungle dominicaine compte parmi les plus rudes du cinéma américain. Porté par la bande originale hallucinée de Tangerine Dream, ce remake du Salaire de la Peur fascine par son atmosphère hostile et angoissante, à l’image de la célèbre séquence de la traversée du pont suspendu.


Cruising - La Chasse (1980)

En perte de vitesse au box-office américain, William Friedkin récupère un projet autrefois développé par Steven Spielberg et Brian De Palma. Avec Cruising, il propose la radiographie très documentée de la communauté gay new-yorkaise, à l’époque en marge de la société. Bien qu’il ne s’entende pas avec Al Pacino, le réalisateur livre un polar ambigu et vénéneux, qui compte parmi ses plus grandes réussites. À redécouvrir de toute urgence.


Police fédérale, Los Angeles (1985)

Dans la lignée de French Connection, le Friedkin des années 1980 revient au cinéma de la traque, cette fois-ci dans une Cité des anges rongée par le crime, en adaptant l’autobiographie d’un ancien agent du “Secret Service”. Polar profondément pessimiste, Police Fédérale, Los Angeles se resserre autour de la fuite en avant du duo William Petersen/Willem Dafoe, pris dans un tourbillon d’adrénaline et d’autodestruction.


Bug (2006)

Comme dans L'Exorciste, l'horreur vient souvent du foyer ou, pire, du cerveau. C'est là l'un des points de départ de l'une des meilleures oeuvres de Friedkin qui confirme que ses années 2000 sont aussi une résurrection artistique pour le réalisateur. Le huis clos en forme d'apothéose ironise sur le cauchemar d'une Amérique enlisée dans ses propres démons.


Killer Joe (2011)

Dans le revers nihiliste de son oeuvre, Friedkin continue sa longue déconstruction de l'Amérique. Matthew Mc Conaughey sera ainsi la graine d'une zizanie prompte à faire éclater la famille autant que la morale. Pervers, malsain, Killer Joe achève la renaissance publique et critique du réalisateur de L'Exorciste, à un moment où on ne l'attendait plus forcément.


Traqué (2003)

C'est aux frontières du remake que Friedkin revient sur le devant de la scène. Avec Traqué, le cinéaste signe un Rambo romantique et nerveux avec un duo Jones/Del Toro habité. Un récit sec, délesté de toutes formes d'artifices, qui confère à ce duel urbain sans concession des allures de drame mythologique.


Les Garçons de la bande (1970)

Adaptation d'un des plus grands succès de Broadway, signé Mart Crowley, Les Garçons de la Bande ouvre les années 1970 avec subversion. Dans ce huis-clos où la fête se ternit à mesure que les langues se délient, le jeune William Friedkin se fait le pionnier des représentations de la communauté gay, condamnée à l’époque à rester marginale. Il en résulte une œuvre presque naturaliste, incomprise à sa sortie.


L'Enfer du devoir (2000)

Fidèle à son passé de documentariste, William Friedkin investit ce récit avec une authenticité sèche mais aussi une stimulante ambiguïté typique de l’auteur de French ConnectionL’Enfer du devoir explore en effet la frontière ténue qui sépare civilisation et barbarie en temps de guerre. En résulte un film trouble mais d’une grande humanité, à l’image de ses personnages principaux, interprétés avec brio par Tommy Lee Jones et Samuel L. Jackson.