La forme générale de Maya est celle d’une parodie épique.

La structure de l'épopée superposée à la réalité quotidienne de gens ordinaires élève le matériel au-dessus de sa prévisible banalité tout en s’en distanciant, pour observer les développements et les modèles dans les événements et le comportement des personnages.

Maya fonctionne sur trois plans différents : individuel, social et mythique, qui entremêlés forment la texture du film.

Sur le plan individuel, le récit, sur un style tragicomique, oscillant entre l’ironie et le pathétique, est la simple histoire d’une jeune femme et de ses rêves, sa recherche impulsive de l’amour et de l’accomplissement, et l’inévitable désagrégation de son univers personnel.

Sur le plan social, Maya est l’histoire des affres « du rendez-vous historique de l’Inde avec le destin » et de sa chute précipitée dans un avenir inévitable bien qu'inattendu. Le film explore les changements qui ont lieu dans l’Inde de l’après-indépendance, le sens de la liberté, de l’indépendance et de l’auto-détermination.

Dans sa structure profonde, Maya s’étend à des sources mythiques collectives, au domaine de la cause et de l’effet, de la nature de la vie et du monde, de la réalité et de l’illusion, de l’être et du non-être.

Sur le plan de la structure, le film se sert de la mort de Maya comme d'un événement et de l’enquête pour fouiller sa vie et sa psychologie.

L’histoire de Maya s’éclaircit peu à peu à travers les points de vue des différents personnages qui l’ont approchée, ainsi que de son propre point de vue tel qu’il est reflété dans son journal.

C’est un voyage à travers un monde marqué par la multiplicité des perceptions. C’est un monde brisé et intègre. L’événement est perçu de points de vue qui se rejoignent et se contredisent.

Clarté et obscurité se confondent pour montrer les deux aspects de Maya.

Maya le film et Maya le personnage principal du film évoquent par son amour et sa mort, une continuité qui va au-delà du réel et de la fiction, de l’histoire et du mythe, de l’individu et de l’ensemble.