Gaylor prêche dans son Eglise. Il demande de l'argent contre la promesse de l'aide de Dieu. Gaylor crie dans la rue. Il donne de l'argent au peuple contre la promesse d'un vote pour le député qu'il défend. Atalaku se fonde sur cette ambivalence. La religion et la politique embrassent la totalité des personnages et du pays : l'invisible n'est que promesse, c'est une force de croyance infinie, un espoir qui s'alimente par le biais monétaire.

Et Gaylor, au milieu de tout cela, lutte magnifiquement, non par conviction mais par désespoir. Les candidats à l'élection n'ont pas de noms, juste un numéro et un visage placardé dans toute la ville. Alors, notre petit homme s'attache à ce qu'il peut toucher, compter.

Atalaku signifie crieur. Crier, cela permet de ne pas parler. Parce que les hommes de pouvoir sont loin du peuple, ils ont besoin d'hommes pour hurler leur présence. Hamadi, lui, offre à ces intermédiaires un espace de parole et une image.

Maxime Piras