> A voir : entretien avec Dieudo Hamadi, réalisateur d'Atalaku dans un second entretien : rencontre avec Sergeï Loznitsa, réalisateur de Letter (mais aussi de My Joy, disponible sur universciné)
Dernière occasion de voir Mirage à l'italienne, où comment une compagnie italienne promet à six âmes en peine une reconversion dans la pêche en Alaska. Reprenant le concept de la télé-réalité (plonger dans l'inconnu une troupe d'anonymes aux caractères bien marqués), Alessandra Celesia s'intéresse à ce que l'audio-visuel néglige : l'approche social se substitue à l'action, la quête personnelle au m'as-tu-vu. La séance est à 12h30 au Cinéma 2.
L'après-midi commence à 14h30 Cinéma 1 par une Liquidation. Christophe Bisson (voir notre entretien), s'y attache à filmer de très près le travail d'un jeune homme qui ne nous sera pas présenté. La tâche de ce dernier consiste à repasser scrupuleusement des reproductions de grands maîtres au stylo noir à pointe fine jusqu'à ce que n'en reste qu'une surface uniforme de laquelle émergent comme des éclairs des lèvres rouges, seules parties restées intactes. Liquidation laisse son spectateur face à un épais mystère : ce qu'on a vu est-il un acte de création ou de destruction ? Quel en est le sens ? Avec le plus grand tact qui soit, Christophe Bisson a bien voulu revenir pour nous sur son film.
A la même heure au Cinéma 2, Letter, court-métrage de Sergeï Loznitsa (My Joy, Dans la brume). En trois plans-séquences tendres et envoûtants, le cinéaste ukrainien regarde le temps passer parmi les pensionnaires d'un hôpital psychiatrique. "Tout plan de cinéma, confie Sergeï Loznitsa, est un plan nostalgique..."
A 17h00, direction la République Démocratique du Congo où Dieudo Hamadi (voir notre entretien) a filmé les dernières élections présidentielles. Le regard d'un quasi-autodidacte porté sans complaisance sur une démocratie souffreteuse. Atalaku sera projeté au Cinéma 1.
La journée s'achèvera, si vous le voulez, avec le premier (très) long-métrage de Nicolas Rey, Les Soviets plus l'électricité (2001). Prix fipresci à la Berlinale en 2002. Cinévoyage dans un pays disparu, la Russie d'avant. Pour rappel : Nicolas Rey a remporté l'année dernière le Grand Prix Cinéma du Réel avec Autrement, la Molussie, film expérimental où le réalisateur use d'outils de prise de vue qu'il a inventé, lui permettant (encore) de voyager dans un pays qui, s'il n'a jamais existé, en rappelle bien d'autres.
Palmarès à 20h30...