> A voir ce jour, notre entretien avec Christophe Bisson, réalisateur de Liquidation

A 10h30 au Centre Wallonie-Bruxelles, François-Xavier Drouet se plonge dans le quotidien d'un centre où sont accueillis des adolescents souffrant de troubles du comportement. Entre jeunes en rupture et éducateurs bienveillants, le cinéaste parvient à trouver le rythme juste et donner une vue d'ensemble du centre éducatif Snark.

A 13h30, deux programmes se tirent la part belle. Au Cinéma 1, Le Reflux (entretien avec le réalisateur Guillaume Bordier sur Universciné). Le réalisateur y recueille in extenso la parole de Didier Lambert, condamné il y a vingt ans pour vingt ans ferme et sorti après dix. Le cadrage, l'éclairage, la mise en scène, tout est cru, brut, livré tel quel, comme pour s'engager auprès du spectateur à dire la vérité et toute la vérité. Sur le procès, les années de prison, la vie d'avant et la vie aujourd'hui.

A la même heure donc, dans la petite salle, un programme composé de deux films : Les Cheveux courts, ronde, petite taille (entretien avec le réalisateur Robin Harsch, ici) n'est pas un film de deuil, du moins pas comme les autres. Robin Harsch met en scène son obsession envahissante pour une voisine qu'il va transformer au fur et à mesure en souvenir d'une mère récemment disparue. Il partage avec nous sa troublante expérience. Deuxième film du programme et deuxième deuil : c'est Casa de Daniela De Felice (voir notre entretien ici). Chez sa mère (biologiste), il y a des collections de papillons et de scarabées, des crânes de pigeons, des silex taillés. "La mort, toujours". Son film, alors, est une sauvegarde de tout cela avant que la maison familiale ne soit vendue, et que tout ce qui s'y trouve sous la poussière ne disparaisse. Casa est une sorte de disque dur, sa façon de porter une part du fardeau en même temps que de l'alléger. De rendre à la vie, sous forme de film, ce qui en avait disparu. Deux films à rattraper. Une séance de la dernière chance.

Par ailleurs, nous conseillons - encore et toujours - le film de Bill et Turner Ross (entretien à voir ici). Diffusion à 14h au Cinéma 2. L'errance en musique de trois frères (et leur chien !) livrés à eux même dans les rues enfiévrées de La Nouvelle-Orléans. Tchoupitoulas est une quête initiatique ramenée à une nuit et tournée sur neuf mois. Jouant de leurs frèles épaules entre les culs, les ventres et les guitares, nos trois adolescents y traversent la nuit comme les spectateurs d'un carnaval permanent, à vous faire oublier vos meilleures fêtes de la musique.

Présenté en première partie du programme de 17h au Centre Wallonie-Bruxelles, Liquidation s'attache à filmer de très près le travail d'un jeune homme qui ne nous sera pas présenté. Sa tâche consiste à repasser scrupuleusement des reproductions de grands maîtres au stylo noir à pointe fine jusqu'à ce que n'en reste qu'une surface uniforme de laquelle émergent comme des éclairs des lèvres rouges des personnages, seules parties restées intactes. Liquidation laisse son spectateur face à un épais mystère : ce qu'on a vu est-il un acte de création ou de destruction ? Quel en est le sens ? Avec le plus grand tact qui soit, Christophe Bisson a bien voulu revenir pour nous sur son film (voir notre entretien ci-dessus).

Fin de soirée avec la famille de Dominique Cabrera (rencontre sur Universciné), à 21h au Cinéma 1. Commencé comme un film de vacances, Ô Heureux jours est devenu en dix ans un film de cinéaste. Il soulève une question qu'il revient à chacun de trancher : filme-t-on pour être au plus près de la vie ou pour cesser d'y être ? Ce que l'on pourrait encore poser en ces termes : les morts du cinéma sont-ils des immortels ?