"Dans ce film, nous avons abordé nos souvenirs, notamment le scepticisme avec lequel nous considérions notre père comme un super héros, avec réalisme : un langage qui décortique la réalité pour atteindre son noyau, et montrer la dureté ou la beauté d’une situation réelle. Broyer la réalité et l'embellir en même temps.

Nous nous sommes intentionnellement mis dans une impossible situation : essayant d’attraper nos souvenirs par les cheveux pour les faire partir, alors qu’ils ne veulent simplement pas partir. Donc il en résulte une impossible et déchirante position. Nous essayions de préserver ce que justement nous tentions de détruire. D’une certaine manière, ce film nous a permis de préserver cela, cette chose; cette ligne c’est cet équilibre, c’est Lenny and the kids.

Ce que cela signifie ? Nous n’en somme pas sûrs. C’est la raison pour laquelle on devait écrire et diriger ce film ensemble (non parce ce que nous sommes deux frères, ou que nos parents sont divorcés, ou encore du fait que nous sommes deux moitiés d’un être qui ne font qu’un parfois).

Le film est le produit de nos discussions, autrement dit de nos désaccords acceptés. Ça nous a aidés à trouver l’équilibre nécessaire pour raconter l’histoire : l’un de nous étant plus critique et l’autre plus indulgent. En ce qui concerne Lenny, cela revient à disséquer son mental. Ses actes sont parfois abominables et impardonnables, mais, en même temps, ce sont les raisons mêmes de ces actes qui vous obligent à l’aimer.

C’est difficile de ne pas aimer quelqu’un qui fait des efforts pour prendre de bonnes décisions mais qui ne sait simplement pas comment s’y prendre. Tout ce qui compte là-dedans, c’est ces deux garçons. Mettez-vous à la place de Lenny, mais adoptez le point de vue des enfants. Et essayez d’y comprendre quelque chose. C’est ce que nous avons essayé nous-mêmes de faire avec ce film."