La genèse du film
Ayant vécu dans le sud de l'Afrique, le producteur Oliver Stoltz décide d'adapter Le Secret de Chanda au cinéma dès la lecture du livre. Il se souvient d'avoir été très impressionné par Mapantsula, le premier film d’Oliver Schmitz, qui brosse un portrait de la population noire pendant l'Apartheid. Enfant de parents allemands, ce dernier est né et a grandi en Afrique du Sud avant d'émigrer en Allemagne dix ans plus tôt, pour des raisons professionnelles.
Oliver Schmitz s'engage sur le projet dès sa lecture terminée : “Travailler avec le scénariste Dennis Foon a été fantastique. Le roman est écrit à la première personne, donc nous avons beaucoup réfléchi au fait de devoir nous passer de cette voix intérieure. Il fallait éviter une narration s'appuyant sur une voix-off. Nous avons condensé l'histoire en nous concentrant sur deux sections du roman. La première s’articule autour de l'enterrement de Sarah, tandis que la seconde, la plus déterminante, se déroule après la maladie de Lillian et après son départ.
L’action se concentre alors sur le combat de Chanda pour que sa mère revienne parmi les siens. Si l’adolescente a trois ans de moins dans le film que dans le livre, c'est parce qu'une enquête, menée localement, nous a montré que les enfants Sud Africains grandissent terriblement vite. Dans le livre, Chanda a seize ans, mais en réalité à cet âge-là les jeunes ont déjà perdu leur caractère d'enfant.” D’autres changements ont été effectués, notamment au niveau des dialogues : “Le roman est plus ou moins situé dans le sud de l'Afrique,mais nous avons essayé de rester très spécifique en terme de langue et de culture. Pour moi c’est crucial parce que je veux être sûr que je représente fidèlement la réalité. C’est la seule façon de raconter une histoire universelle.”
Lorsqu’Oliver Stoltz, Oliver Schmitz et Dennis Foon s'envolent pour un voyage de dix jours en Afrique du Sud, ils ont déjà la première version du scénario: “C'était une excellente base, à partir de laquelle nous pouvions ajouter plus d'authenticité si besoin était.” explique Oliver Schmitz. “Chaque jour nous avions des rendez-vous pour approfondir nos recherches et des rencontres autour du scénario. En Occident, les gens ont tendance à faire des généralisations hâtives quand ils parlent de l'Afrique. Cela crée des situations qui ne font pas le poids. Nous voulions être le plus précis possible.” C'est pour cette même raison qu’ils décident de ne pas tourner le film en anglais, mais en Pedi, un dialecte local."