" Après avoir été étudiant, metteur en scène, professeur, il était temps que j'aborde ce personnage, celui du prêtre, qui doit institutionnellement s'occuper des problèmes d'autrui.

La paroisse ressemble un peu au monde de mes films précédents ; mais alors qu'avant je pouvais me replier sur moi-même, ici j'ai le devoir, mais c'est aussi une exigence personnelle, de m'imiscer dans la vie des autres.

Bien que je ne sois pas croyant, j'ai essayé d'entrer en plein dans le rôle du prêtre, ou plus précisément dans sa mission qui, outre les obligations qui lui sont imposées par la soutane, consiste à aider son prochain. C'est là une tâche particulièrement difficile dans un monde qui est loin d'être rose.Je n'ai pas fait de choix à priori, je ne pense jamais directement au sujet, mais à ce qu'il me semble intéressant de raconter. Et ça n'est donc certainement pas d'une manière prédéfinie qu'une histoire comme celle de La messe est finie voit le jour. C'est la réalité elle-même qui la suggère, petit à petit.

On rit peu dans le film, je dirai même qu'on ne rit pas du tout, mais ceci n'avait absolument pas été programmé à l'avance. Je n'ai pas voulu faire un film "sérieux" dans le but de me débarrasser de l'étiquette "nouveau comique". Le film raconte l'histoire d'un jeune prêtre et de ses amis, un thème particulier.

Bien sûr, il y a quelques années, une telle idée ne me serait pas venue à l'esprit. Aujourd'hui, les choses ont un peu changé, aussi, bien que je ne sois pas croyant, le personnage de Don Giulio m'a paru extrêmement intéressant. Je crois que dans un film comme le mien où l'on vit plus ou moins clairement le contraste, commun à tous les personnages, entre "ce que nous sommes" et "ce que nous souhaiterions être", la figure du prêtre est particulièrement emblématique.

Par ailleurs, il me semble que tous mes films ont gravité autour de personnages qui éprouvaient le besoin de s'occuper des autres ; dans cette optique, Don Giulio poursuit ce travail incessant mais, pour la première fois, il le fait depuis une chaire qui a été en quelque sorte légitimée.

Dans le film c'est l'époque où nous vivons qui est reflétée, même si (ou tout au moins c'était mon intention) n'apparaissent pas des personnages clairement représentatifs. A une exception près, il est vrai : l'ami terroriste qui cependant n'est pas vu non plus selon les stéréotypes auxquels les rubriques de faits divers nous ont habitués.

Je dirais même, pour tenter d'être plus clair, que tout le film évolue à coups de négations de ce à quoi on s'attend : on s'attend à ce qu'il se passe quelque chose ? Et bien il va certainement se passer le contraire. Et il en est ainsi également avec le terroriste.