"Mike Hodges a été, à un moment précis, un des meilleurs metteurs en scène du monde.". Voilà ce qu’écrit Jean-Pierre Dionnet, qui en a pourtant vu de toutes les couleurs, au sujet de l’auteur de la Loi du milieu, plus connu dans le nôtre de milieu, sous le titre de Get Carter. Il faut dire que ce polar social et pervers, ancré dans un Newcastle aux allures de purgatoire naturaliste, avec un Michael Caine à la classe définitive, est un chef-d’oeuvre du genre, que le temps n’a fait qu’embellir. Nous sommes en 1971. Mike Hodges a trente-neuf ans. Et c’est son premier long métrage pour le cinéma. Coup d’essai, coup de maître. Le film rencontre un très grand succès, aussi bien public que critique. Que faire après ça ? Puisque l’on vous attend au tournant et que le coup d’après sera forcément "moins bien". Or, Hodges est aujourd’hui l’auteur de neuf longs métrages de cinéma, le dernier datant de 2003 (le radical, sec et melvillien Seule la mort peut m’arrêter (I’ll Sleep When I’m Dead), avec Clive Owen). Neuf films qui forment une oeuvre éclectique, avec une nette prédilection pour le polar, et une grande tentation pour la science fiction. Neuf films qui font de lui l’un des "meilleurs metteurs en scène du monde", et à plusieurs "moments précis".(...)
Fabien Gaffez (Festival du film d'Amiens)