Avec Norteado mon premier film de fiction, j’ai voulu parler du problème migratoire entre le Mexique et les Etats-Unis, en montrant que le drame côtoie les instants de bonheur. Le drame quand quelqu’un fait le choix de laisser derrière lui un lieu et surtout des gens qu’il aime. Le bonheur de surmonter et de parvenir à contourner les nombreux obstacles - la montagne, les rivières, le désert - que tout homme, femme ou enfant rencontre quand il s’aventure en terre inconnue…

Le film essaye de créer un lien entre ceux qui restent et ceux qui partent. J’avais très envie de faire un film avec des images aussi belles que les relations humaines qui s’y nouent. En cela Norteado est une fiction avec une approche documentaire : la réalité sans artifices ni drames inutiles qui pourraient détourner l’attention du spectateur du sujet du film. Norteado a été tourné entre janvier et avril 2008 à Tijuana et ses alentours. Nous avons découvert que Tijuana n’est pas seulement une ville frontière mexicaine, mais aussi une ville latino-américaine tout bonnement.

Il y a une sorte de schizophrénie qui enveloppe cette ville. Un côté exagérement esthétique du Sud qui sculpte le Nord. Tijuana c’est la sublimation de la façon avec laquelle les latino-américains tentent de dissoudre leur culture hispanique pour devenir des nord-americains.