" Cela m'a permis de comprendre leur culture, leur mentalité, et de gagner leur confiance par rapport à mon projet créatif. Mais surtout, j'ai eu le sentiment de retrouver à leur contact l'essence des valeurs humaines et sociales.

En 2008, nous avons débuté le tournage en filmant les activités du village, et plus particulièrement celles de la famille d'Albin. Je voulais faire un essai cinématographique qui ait un point de vue direct mais humble, étroit mais universel, simple mais engageant.

L'idée était de mettre les images et la routine des protagonistes au service d'une histoire intime racontée avec humour. Idéalement, une histoire humaine qui nous plonge doucement dans la réalité du sujet. Pendant plus d'un an, nous avons vécu comme des bergers, et nous nous sommes rendu compte que ces gens étaient désireux de grossir les rangs des consommateurs occidentaux.

Cette cohabitation nous a permis de réaliser un film qui se veut le garant d'une conscience sociale, mais de manière poétique, sans trop livrer d'informations, ni faire de propagande à la manière des médias. Aujourd'hui, après l'éclatement de la bulle Internet, nous savons tous qu'il y a un prix à payer pour accéder à la cupidité et au progrès.

Que peut-on faire ? C'est une question à laquelle le film ne répond pas, mais l'exemple de ces bergers s'aventurant "hors des sentiers battus" est riche d'enseignements. Eux semblent avoir trouvé un certain équilibre ; il resterait donc une lueur d'espoir."

Dieter Auner