Le personnage d’Anna m’a tout de suite intéressée. Catherine lui a écrit des mots que j’aurais pu dire, et je partage une bonne part de son expérience. J’ai aimé l’histoire, sa justesse, sa finesse. Ce garçon qui se retrouve tout à coup obligé de faire ce que nous faisons tout le temps, s’occuper des enfants, de la maison, tout en ayant un métier, m’a beaucoup amusée. D’habitude on n’en parle jamais, nous autres femmes sommes des dizaines de millions à le faire tous les jours et personne n’en parle, mais quand c’est un garçon qui le fait, on en fait un film ! Cette histoire touchera forcément toutes les femmes. Chacune est mère, professionnelle, je connais ça aussi et on s’en sort !

Anna, c’est la collègue d’Antoine, l’amie qui donne les bons conseils et qui connaît tous les trucs pour faire face au quotidien. Elle connaît la vie, elle est ultra concrète et sait parfaitement ce que c’est d’être mère et pro à la fois. Pourtant, cette fois, elle prodigue ses conseils à un homme. Anna sait exactement ce que coûte la réussite, elle a traversé toutes les épreuves qui l’ont conduite là où elle est et elle sait aussi à quel point il est difficile d’avoir à fonction égale, le même salaire qu’un homme. Elle a été mariée, elle connaît les hommes. Chaque jour, elle accomplit ce que le personnage d’Antoine n’imagine même pas mais va découvrir. Elle commence par l’empêcher de se prendre pour une victime. Elle lui ouvre les yeux et l’aide à s’en sortir. Je trouve ça bien que les hommes expérimentent tous ce qui fait notre vie. Aujourd’hui, ils sont plus impliqués dans l’éducation des enfants, dans la tenue de la maison, bref dans tout ce que l’on fait depuis 2000 ans ! Anna est aussi une femme qui est ouverte aux hommes. Elle n’a pas d’a priori. Elle apporte son aide à qui en a besoin, elle n’est pas là pour enfoncer Bruno. Avec légèreté, dans ce climat de comédie, elle fait ce qu’elle peut pour l’aider, sincèrement.

Catherine Castel est une merveille. Elle est très précise sur l’écriture et lorsque l’on joue, elle est la première spectatrice. Elle en oubliait même parfois de dire « coupez » ! J’ai trouvé en elle tout ce que j’adore chez ceux qui font leur premier film. Ils n’ont aucune habitude, ils découvrent, ils ont envie, ils font preuve d’une énergie qui nourrit tout leur travail. On a travaillé très sérieusement mais dans un élan formidable.

J’ai presque toutes mes scènes avec Antoine. Nous nous connaissons depuis longtemps, depuis sa période Canal Plus, j’étais alors souvent invitée dans ses émissions. C’est quelqu’un que j’aime beaucoup, et ce que nous avions à jouer était vraiment amusant. Il faut dire que son rôle est plutôt un contre-emploi pour lui, parce qu’il fait beaucoup attention aux autres et qu’il assume sa part dans tout. Il n’a jamais rien délaissé pour sa carrière, même s’il travaille énormément.

Je n’avais que quelques jours de tournage, quatre séquences, parfaitement écrites. Comme quoi c’est la qualité qui compte plus que la quantité ! Avec Catherine, on s’est tout de suite entendues. J’étais en concert à Nantes, elle est venue et tout de suite, on s’est en quelque sorte reconnues. Il y a des gens comme ça avec qui c’est complètement évident. On s’est comprises immédiatement. J’avais déjà senti cela en lisant le scénario, sa personnalité se dessinait en filigrane et notre rencontre me l’a confirmé.

Pour moi, 48 heures par jour possède ce qui fait les vraies comédies : un sujet important, dont on parle avec un vrai ton, une vraie légèreté. L’humour est la meilleure façon de faire passer les messages !