"... Jacques Becker avait merveilleusement poétisé le fait divers réel qui avait été monté en épingle en 1904 pour accrocher l’attention du public sur les apaches, comme on disait alors en parlant des voyous, plutôt que sur des événements graves qui se préparaient.
Il avait transformé une assez sordide histoire de bandes rivales en une extraordinaire histoire d’amour vécue pendant quatre jours par une gigolette et un artisan qui essaie d’échapper au milieu et que la fatalité conduira néanmoins à la guillotine.
La psychologie des personnages était claire, nette, le dialogue d’une sobriété exemplaire (Reggiani n’a pas plus de 25 répliques tout au long du film). Les costumes ont une authenticité absolue, tels qu’on pouvait les trouver dans Le petit journal illustré de l’époque, et non pas arrangés au goût du jour. Mais je pense que Casque d’or était un film en avance sur son temps.
J’ai hâte de voir la réaction des jeunes d’aujourd’hui devant un film ou rien n’est démodé. Un film viril mais plein de tendresse pour les femmes, un film où l’on parle de l’amour, de l’amitié, de la famille, de l’injustice, de la peine de mort, toutes choses qui restent des problèmes actuels. J’ai pour Casque d’or la tendresse particulière qu’on peut avoir pour les incompris."