Le sujet du film n'était pas de raconter la formation d'un couple puis son évolution. Je ne voulais pas faire l'historique d'une relation avec toute la psychologie que cela suppose.
Je voulais vraiment prendre une personne à un moment de sa vie où elle est encore en construction, et la suivre un temps. Mathieu est dans une période de déséquilibre : il doit s'affranchir de sa famille, quitter l'adolescence alors qu'il fait la découverte de son homosexualité et du sentiment amoureux.
Tout cela se mêle et le déstabilise, d'autant plus que l'on sent un passé familial assez lourd : un père absent, une mère dépressive, un frère mort… Lui-même a une propension à la mélancolie et la dépression assez forte…
Mon travail tourne essentiellement autour de l'idée du portrait : prendre un individu et tenter de mettre en images son paysage intérieur, on pourrait presque appeler ça l'espace du dedans. Et le récit éclaté du film, mêlant sans cesse présent et passé, me permet de mieux m'approcher de cela.
Sébastien Lifshitz