Les auteurs d'UniversCiné sont à Berlin : Jafar Panahi
A Berlin : il "présente" Pardé,co-réalisé par Kambozia Partovi, collaborateur ancien et fidèle du cinéaste qui interprète également, dans le film, le rôle d'un homme qui ne veut pas se séparer de son chien alors que la loi considère les animaux comme impurs. Ce personnage va bientôt cohabiter avec une jeune femme suicidaire, partageant avec elle le secret de leur "exclusion". Jafar Panahi, primé dans les plus grands festivals, est désormais interdit de tournage en Iran pour vingt ans, mais continue ainsi à signer des films "malgré tout". Evidemment absent du festival (il est assigné à résidence), comme il le fut du Festival de Cannes 2011 ("Ceci n'est pas un film" et "Au revoir", furent présenté sans lui, et dans le jury où il devait siéger c'est une chaise vide qui le représentait), Jafar Panahi a fait ajouter au dossier de presse un communiqué aux journalistes pour expliquer que Pardé devait bien être vu comme une métaphore de sa situation : « le film utilise le mélange des genres et des histoires pour mettre en évidence que tourner est une nécessité dans la vie d'un cinéaste : c'est le besoin impérieux de montrer la réalité du monde dans lequel nous vivons »
Ruido est un premier film à l’énergie effrénée, puisée dans la pratique du freestyle dont les rimes impétueuses font vibrer les rues de Barcelone. En intégrant ce territoire masculin, Lati fait des battles l’espace du renversement des dominations.
En Lozère, la déambulation désenchantée de Léo, auteur erratique et débonnaire. Guiraudie raconte crûment la chute d’un homme condamné à rester vertical, seul face à l’incertitude du monde et au déclassement de la « France moyenne ».
Reprise en main par le monteur du premier volet, la franchise The Descent se poursuit et entreprend de désamorcer toutes les attentes des spectateurs du film précédent, en injectant humour et gore dans l’horreur déjà bien présente.
Ce monument de l’horreur contemporaine convoque toutes les peurs les plus primitives (le vide, le noir, l’enfermement) pour mieux les renvoyer à la tête de ses spectateurs. Et ne laisse personne indifférent.
Plongée glauque et poisseuse dans l’histoire d’un tueur en série, ce film de Fatih Akin joue avec le dégoût et le mauvais goût pour dresser, en creux, un implacable portrait de l’Allemagne des années 1970.
Xavier Dolan réunit un casting de stars françaises dans un huis-clos familial de haute volée. Le chaos de la mise en scène et des dialogues les plongent dans un vertige dramatique aussi spectaculaire qu’intime.
Virage radical dans le cinéma de Dolan, Tom à la ferme est un thriller vénéneux sur le fil entre humour noir, sensualité et violence. Hommage à Hitchcock, le film joue sur un suspense trouble et une bande originale obsédante. Un bijou de noirceur.
À seulement 19 ans, Xavier Dolan livre un premier film qui contient toutes les obsessions de son cinéma. Il explore la complexité des relations mère-fils à travers des dialogues à la poésie cruelle et dans une mise en scène millimétrée.
Pour son huitième film, Xavier Dolan signe un mélodrame à la simplicité universelle et à la poésie douce. Avec sa mise en scène épurée, il revient aux sources québécoises de son cinéma et clôture avec tendresse un pan de sa filmographie.
Laurence Anyways est une ôde aux marginaux. Xavier Dolan déploie ses obsessions esthétiques à travers cette odyssée intime dans laquelle Melvil Poupaud tient un des rôles majeurs de sa carrière. Un chef-d’œuvre profondément humain.
Portée par l’interprétation de Matthew Gurney, Reunion fascine en faisant de la surdité le cœur de son écriture sérielle. La langue des signes élève la mise en scène vers une intense grammaire auditive et visuelle, celle de la réparation et du pardon
Pilier de la filmographie de Kathryn Bigelow, qui lui a valu les Oscars du meilleur film et de la meilleure réalisation, ce long-métrage d’action immersif interroge l’addiction à l’adrénaline et le pouvoir captivant de la guerre.
Le documentariste Piero Usberti signe un film de voyage qui le replace avec humilité là où il se trouve : dans la peau de l’étranger, celui qui observe attentivement et capte tout à la fois la résilience et la singularité du peuple palestinien.
Ce mélodrame teinté d’americana, le terreau de son cinéma, prouve la versatilité de Jeff Nichols. Adaptant l’histoire vraie de Richard et Mildred Loving, il signe un vibrant pamphlet antiraciste doublé d’une œuvre aussi magistrale que poignante.