Qu'est-ce qui vous a séduit quand Dominique Farrugia vous a fait lire le scénario du Marquis ?

Le film de gangster, en soi, me faisait un peu peur mais quand j’ai compris que Dominique voulait l’ancrer dans la réalité, celle d’un Monsieur Tout-le-monde à qui il arrive des aventures extraordinaires, j’ai adhéré et adoré. L’histoire très bien ficelée, l’idée de former un tandem avec un grand acteur français, le fait que mon personnage soit un mec normal avec femme et enfant - la première fois que ça m’arrive au cinéma - qu’il soit confronté à un danger réel et qu’il possède un peu plus de vêtements qu’un simple maillot de bain, tout cela m’a attiré. Le cocktail comédie/suspense était vraiment alléchant.

Qu'avez-vous immédiatement pensé du choix de l'acteur destiné à partager l'affiche du film avec vous ?

Gérard Lanvin, Richard Anconina, Gérard Depardieu, Mathilde Seigner, Emmanuelle Béart… j’ai toujours eu la chance d’avoir en face de moi de grands partenaires qui me portent, qui m’obligent à élever mon niveau de jeu. Quand, avec Dominique, nous avons évoqué le nom de Richard Berry, je ne pouvais être qu’aux anges. Non seulement nous sommes très différents et assez complémentaires pour former un duo comique classique, mais Richard sait aussi faire rire. Il paraît sévère, sombre, il a la réputation de ne délivrer que des avis très tranchés, mais au fond c’est un môme qui adore s’amuser.

Comment s'est passée la première lecture du scénario entre vous ?

J’ai immédiatement remarqué que Richard en gardait beaucoup sous la pédale, pour me ménager sûrement. À deux ou trois reprises, il a lâché les chevaux et j’ai compris pourquoi ce monsieur fait une telle carrière. C’est impressionnant. Et ça pousse à se mettre à hauteur - en tout cas à essayer - même pour une simple lecture de préparation. Quand vous avez Richard Berry en face de vous, il faut lui rendre ce qu’il vous donne pour qu’il s’amuse aussi un peu, qu’il ne regrette pas son choix.(...)

Vous êtes ici le "boulet" de Richard Berry comme vous avez été celui de Gérard Lanvin dans Camping, mais est-ce le même genre de situation ?

Nous sommes moins dans une relation dominant-dominé. Le personnage que j’incarne dans Le Marquis est un peu moins naïf. Il est plus habillé au sens propre et au sens figuré. C’est un malin. Dans certaines scènes, ce n’est pas moi qui provoque le rire mais l’autre. Ça renverse un peu la vapeur. La palette de jeu est plus large et surtout elle m’offre la possibilité de jouer des scènes dans lesquelles je ne suis pas le responsable en chef de l’effet comique, je renvoie la balle, je ne suis pas obligé de faire le smatch. Alors je peux puiser dans d’autres choses et faire abstraction du Franck Dubosc que l’on connaît sur scène.(...)

Vous connaissez bien Dominique Farrugia qui a été votre premier producteur, comment jugez-vous le réalisateur ?

En fait j’avais déjà tenu un rôle beaucoup plus court dans un de ses films, Trafic d'influence, donc je connaissais les deux facettes de Dom. Il sait ce qu’il veut et je sais qu’il ne veut jamais nous pousser à trop en faire. Acteur lui-même, il a toujours été client de ce que nous pouvions lui donner. Il a su utiliser le meilleur de nous-mêmes y compris en tenant compte des propositions de jeu différentes que nous pouvions faire.