Le documentariste répète qu'il est né en mai 68. Pas par coquetterie. "Les usines étaient arrêtées, on n'avait rien à faire que parler." Son travail de cinéaste trouve ainsi son origine dans ce moment où la parole se libère, où l'échange est possible. Il ne fera plus dès lors qu'ouvrir son micro aux déshérités, aux petits et aux fragiles.

A Marseille, à Paris, en Espagne ou au Rwanda, Denis Gheerbrant rassemble les conditions du dialogue, acquiert la confiance de ceux qu'il écoute, et devient "Denis", seul personnage récurrent de sa filmographie, intervieweur situé hors-champ à l'empathie communicative et qu'on se réjouit de retrouver d'un film à l'autre, reposant inlassablement la question de Jean Rouch et d'Edgar Morin : "et toi, comment ça va avec la vie ?"

 

Et sur Universciné ? Cinq histoires de révoltes...

Adalen 31   (1969) de Bo Widerberg

Les Camisards (1970) de René Allio

Land and Freedom (1994) de Ken Loach

Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures (2000) de Claude Lanzmann

Les Molex, des gens debout (2010) de José Alcala