Ne ratez pas ce jour la venue de Pierre Lhomme, qui fut chef opérateur pour Rohmer, Eustache, Miller, Ivory, Nuytten ou encore Melville (pour n'en citer que quelques uns). Deux séances lui seront consacrées dans le cadre de l'hommage rendu par le festival à l'outil "laïc et rébublicain" (Godard dixit) qu'est la caméra : à 18h45, Pierre Lhomme, Renato Berta, Paroles d'opérateurs puis, à 20h45, Le Joli Mai de Chris Marker et Pierre Lhomme lui-même. Celui-ci introduira les 145 minutes de ce film presque de saison, pendant que celui-là se cachera peut-être, qui sait, entre les fauteuils rouges du Cinéma 2.
Alors que certains films en compétition seront déjà présentés pour la troisième fois, de nouveaux venus font leur apparition aujourd'hui dans cette édition 2011. C'est le cas de Sem Companhia, portrait de deux détenus d'une prison de haute-sécurité dans le nord du Portugal, diffusé à 14h15. C'est encore celui de Madame Jean (18h15), visite à la ferme chez l'éponyme septuagénaire par Marie-Hélène, écrivain qui, fillette, entendit là pour la première fois l'histoire de la bête du Gévaudan ; simples souvenirs ou naissance d'une vocation ?
La programmation nous emmenera aussi en Amérique du Sud où il sera question de terre et d'histoire avec Extraño rumor de la tierra cuando se atraviesa un surco et La Terre tremble diffusés en programme à 18h30.
En soirée seront présentés également pour la première fois I Cani abbaiano et Exercices de disparition au cours d'une des séances les plus intrigantes de la journée : d'un côté, le silence beckettien de deux voisins qui ne se parlent plus dans un village dévasté par un tremblement de terre ; de l'autre, les tentatives d'escamotage d'un cinéaste par lui même. Comment-ça ? demanderez-vous. Allez-y, vous verrez. C'est à 20h30.
Enfin, Lee Anne Schmitt revient à Cinéma du Réel deux ans après California Company Town (alors primé et toujours visible en exclusivité sur UniversCiné). Dans The Last Buffalo Hunt, présenté ce soir à 20h45, la cinéaste continue d'interroger la mythologie américaine à travers son déclin et ses traces devenues clichés. Westerns contemporains ou road-movies désanchantés, les films de Lee Anne Schmitt embarqueront ceux qu'une rigoureuse aridité n'arrête pas.