in the soup s'inspire d'une partie de ma vie où j'étais dépassé par les événements.

J'habitais New York et essayais de réaliser mon premier film, Lenz, nourri de Dostoïevski mais avec le ventre vide. J'en étais à mon dernier dollar (un événement quotidien) lorsque je me décidais à vendre mon saxophone pour acheter un peu plus de pellicule.

Je passai une annonce dans le journal et un type m'appela. Frank s'avéra être un gangster à la petite semaine et il m'impressionna. Il me demanda combien j'avais besoin pour mon film. Je lui répondis 7000 dollars. Il me donna cette somme sans aucune hésitation. Il semblait me faire entièrement confiance (je n'allais pas rouler un type qui portait un magnum à sa ceinture !).

Frank devint mon premier producteur.

En apparence, nous ne pouvions pas être plus différents. J'étais encore naïf ; c'était un habitué de la rue. Nous étions la preuve que les extrêmes s'attirent. Mon film décrit deux personnages très différents qui se lancent ensemble dans la même aventure et montre comment cette expérience finit par les changer plus qu'ils ne l'auraient imaginé. Lorsque je regarde le chemin dangereux parcouru, je me souviens que cela m'a parfois effrayé mais c'est cette expérience qui m'a permis de devenir un cinéaste."

Alexandre Rockwell