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Les préférés de Joseph Morder
VIDEO | 2012, 15' | Le réalisateur de La Duchesse de Varsovie évoque pour nous quelques uns de ses films cultes,...
La rédaction, 24/09/2012
Paru en 1900, Le journal d’une femme de chambre, roman d’Octave Mirbeau, a beaucoup inspiré le cinéma. Jean Renoir d’abord, qui en livre une adaptation en 1946, mais aussi Benoît Jacquot, qui le reprendra en 2015 avec Léa Seydoux dans le rôle-titre. Entre les deux, Luis Buñuel s’y est attaqué en 1964, au tout début de sa période française, avant Belle de Jour et Le charme de la bourgeoisie. En résulte un film étourdissant, plein de mystère et accessible à la fois, qui doit beaucoup à son...
Engagée comme femme de chambre chez les Monteil, Célestine observe les petits travers de chacun : la fringale sexuelle de Monsieur, le refoulement aigri de Madame, le fétichisme raffiné du beau-père, amoureux des chaussures... Jusqu'à ce que deux événements dramatiques viennent troubler la torpeur provinciale : la mort subite du beau-père et celle de la petite Claire, violée et assassinée dans les bois... Pour son "retour en France" après ses débuts avec "L'Age d'or" et "Un chien andalou", quelques trente ans auparavant, Bunuel a accepté la commande du producteur Serge Silberman : adapter un roman qui l'intéresse depuis longtemps, signé Octave Mirbeau, auteur anarchisant. D'une série de maisons où l'auteur épinglait les perversions de la société, il ne reste dans le film qu'une seule et symbolique maison, entre les bois et la ville, sorte de petit théâtre où s'ébattent de cruelles marionnettes jusqu'au coup de théâtre (politique) final. Un joyeux film immoral et révolutionnaire. En somme, tout Bunuel. Avec une Jeanne Moreau engagée notamment parce que Don Luis avait apprécié sa façon de marcher dans "Ascenseur pour l'échafaud"; objet statique, oeil observateur, esclave soumise et consentante, n'attendant que le bon moment pour renverser les pouvoirs... C'est l'un de ses plus grands rôles.
Engagée comme femme de chambre chez les Monteil, Célestine observe les petits travers de chacun : la fringale sexuelle de Monsieur, le refoulement aigri de Madame, le fétichisme raffiné du beau-père, amoureux des chaussures... Jusqu'à ce que deux événements dramatiques viennent troubler la torpeur provinciale : la mort subite du beau-père et celle de la petite Claire, violée et assassinée dans les bois... Pour son "retour en France" après ses débuts avec "L'Age d'or" et "Un chien andalou", quelques trente ans auparavant, Bunuel a accepté la commande du producteur Serge Silberman : adapter un roman qui l'intéresse depuis longtemps, signé Octave Mirbeau, auteur anarchisant. D'une série de maisons où l'auteur épinglait les perversions de la société, il ne reste dans le film qu'une seule et symbolique maison, entre les bois et la ville, sorte de petit théâtre où s'ébattent de cruelles marionnettes jusqu'au coup de théâtre (politique) final. Un joyeux film immoral et révolutionnaire. En somme, tout Bunuel. Avec une Jeanne Moreau engagée notamment parce que Don Luis avait apprécié sa façon de marcher dans "Ascenseur pour l'échafaud"; objet statique, oeil observateur, esclave soumise et consentante, n'attendant que le bon moment pour renverser les pouvoirs... C'est l'un de ses plus grands rôles.
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