Le Chant de la fidèle Chunhyang
De Kwon-taek Im
Nous sommes au XVIIIe siècle sous le règne de la dynastie Chosun. Un jeune noble, Mongryong, fils du Gouverneur de Namwon, se rend au festival de la pleine lune. L'éphémère vision d'une jeune fille sur une balançoire chavire son âme. Elle se prénomme Chunhyang et en un éclair lui prend son coeoeur. Fille d'une ancienne courtisane, sa beauté n'a d'égale que son intelligence. Elle est la grâce incarnée. C'est d'un trait de pinceau sur sa robe de soie que Mongryong se déclare et souhaite leur union. Elle y consent à la condition d'être son épouse légitime, et ce, malgré son état de roturière. Vient avec la première nuit, le temps de l'amour et de l'insouciance... Les corps célèbrent la vertu des sentiments, la timidité s'efface dans l'intimité, l'incandescence des sens est au firmament, le soleil et la lune sont éternellement un. Mais le hasard interrompt les jeux de l'amour. Le père de Mongryong appelé à la cour du roi doit quitter Namwon. Son fils le suit pour y poursuivre ses études et accomplir son destin. Chunhyang déchirée par cette séparation implore son bien-aimé, mais en vain. Ni la bague de jade, symbole de bonheur, ni le miroir de pierre, gage de réciprocité échangés par les amants ne le retiendra. Elle obtiendra seulement la promesse d'un retour. Le temps s'égrène jusqu'à l'arrivée de Byun Hakdo, le nouveau Gouverneur. Celui-ci a entendu dans les provinces chanter les louanges de l'insolente beauté de Chunhyang. A peine arrivé, requière-t-il la convocation de toutes les courtisanes afin de choisir sa préférée. Quelle n'est pas sa fureur après les avoir toutes passées en revue de constater l'absence de celle tant espérée. Il ordonne qu'elle soit conduite devant lui immédiatement. Chunhyang en sa présence ne peut se dérober et doit faire face à ces traditions d'obéissance et de dévotion qu'exige le gouverneur. Pourtant, elle résiste, se refuse à lui, réclame sa clémence et plaide sa cause. Mais le Gouverneur reste intraitable et devant le refus réitéré de Chunhyang de céder, il l'humilie et la fait régulièrement et violemment battre en place publique. Ces sévices infligés ne sont que les préludes à ceux subis par tous les paysans de la région. Ceux-ci prennent fait et cause pour Chunhyang mais dans un silence contrit. Le gouverneur se révèle être un tyran. Entre temps, Mongryong est nommé Conseiller Royal et chargé d'inspecter les provinces. Il se déplace incognito vêtu de haillons afin de prendre le pouls du royaume ; et naturellement arrive à Nation. Il est révolté du sort des paysans, outré de la mise à sac des richesses royales par le Gouverneur et bouleversé par le sort de Chunhyang. Il n'avait jamais oublié sa promesse. Mongryong va déployer tous les artifices de sa clairvoyance pour faire éclater au grand jour la vérité, la justice... et l'amour des amants malencontreusement séparés.