Les Anges violés
De Kôji Wakamatsu
Un homme pénètre de nuit dans un dortoir d'infirmières avec l'intention de les tuer toutes sans exception. Pendant qu'il accomplit ce qu'il s'est imposé comme mission, pensées et obsessions lui reviennent à l'esprit, lui faisant prendre conscience de son manque d'amour et de ses besoins profonds... Le film se présente comme la libre adaptation de l'histoire de Richard Speck : un psychopathe avait fait huit victimes dans un dortoir d'infirmièress. Avec Wakamatsu, cela ressemble à un étrange mélange de Brecht et de Pasolini, massacrant toutes les règles classiques du pinku eiga, ces "films roses" destinés au circuit érotique japonais. Avec ce film, programmé finalement pour les salles d'avant-garde, le cinéaste se dirige vers une voie poétique et symboliste, ancrée dans l'underground et la Nouvelle Vague (désynchronisation de l'image et du son, noir et blanc contrasté, apparition de couleurs rouge sang), enregistrant les convulsions contemporaines. C'est par l'ambiance sonore qu'il réussit à retranscrire le capharnaüm mental du personnage principal, ressassant obsessionnellement son impuissance. Le film n'était plus un simple produit de consommation mais bien une création artistique, qui fut présentée en 1971 à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes.