Loin d’un simple déjà-vu sur la culpabilité, le réalisateur explore, dissèque, avec justesse, les fissures d’une relation père-fille. C’est une plongée, forcément vertigineuse, et douloureuse, dans l’amour absolu, et l’impossible pardon, portée par un formidable duo. Lui, on le connaît, c’est Stefano Accorsi, on l’a vu dans Romanzo criminale, chez Nanni Moretti, il incarne ici un Pietro écartelé, entre tendresse étouffée et désarroi. Elle, une révélation, elle se nomme Ginevra Francesconi, et livre une performance d’une folle maturité, traversant avec une authenticité brute toute la gamme de la vulnérabilité adolescente. Avec colère, tendresse aussi.



Et la question, donc, de se poser : que ferions-nous, si notre enfant brisait sa propre famille, enterrait son futur en même temps que le nôtre ? La force d’Una Figlia (Une Fille en français, preuve que tout repose sur elle, sur ses pensées) réside dans son refus des jugements faciles. De Matteo n’apporte pas de réponses, jamais, mais pose des questions lancinantes sur les limites du pardon et le poids du sang partagé. En somme, Una Figlia est bien moins un drame familial, qu’une réflexion, ici universelle, sur la faute, la rédemption et l’amour qui persiste même quand tout semble brisé. Bouleversant.