Entretien avec les réalisateurs Thanos Anastopoulos & Davide Del Degan

Comment avez-vous travaillé ensemble ?

T.A. : Nous avions tous les deux le désir d’observer l’humanité qui fréquente cette plage et avons défini des règles communes : être là toujours ensemble, éviter les interviews, ne rien provoquer. L'idée était de passer du temps là-bas et attendre que quelque chose se produise devant nous.

D.D.D. : Nous étions complètement d'accord sur les choix essentiels, nous étions très stimulés par nos points de vue similaires, mais en même temps différents.

Qui sont les habitués de la plage ?

D.D.D. : Il y a une rencontre entre les différentes générations et cultures, d’origines sociales très diverses. Des prolétaires, des vendeuses qui fréquentent la plage pendant leur pause-déjeuner, des bourgeoises, des ouvriers, des directeurs de banque et même un rabbin, car c’est une plage kasher, où il est possible de se déshabiller loin du regard des femmes.

Après, quand on est nu, sur une plage, les différences n’existent plus.

T.A. : Dans le film il n’y a pas de blocs séparés, les hommes d’un côté et les femmes de l’autre, mais une micro-société.

On voit aussi des travailleurs, des employés, car l’établissement est géré par la municipalité. Au même instant où tu penses te trouver parmi des gens libres et nus près de la mer, l’institution agite ses règles, impose sa discipline, ouvre et ferme ses portes.

Comment définiriez-vous votre film ?

T.A. & D.D.D. : C’est un documentaire multi-narratif, kaléidoscopique, avec beaucoup de personnages et une histoire, ou plutôt un récit sur cette humanité et ce lieu. Atemporel et presque métaphysique, habité par des fantômes.

 

 

Et en vod sur Universciné ?

 

L'italie, vues documentaires italiens :

* Avec L'OrchestraAgostino Ferrente rassemble sur une place romaine des musiciens du monde entier et forme un orchestre pour abolir la peur de l'étranger.

* le cinglant Biùtiful cauntri (Esmeralda Calabria , Peppe Ruggiero , Andrea D'Ambrosio) dénonce le désastre environnemental en cours

* Depuis le retour, remarqué à Cinéma du Réel en 2015, et signé Giovanni Cioni, recueille dans le plus grand dépouillement le témoignage d'un déporté italien, dernier survivant des Sonderkommandos.

* Dans San Clemente, Raymond Depardon documente les conditions d'internement dans l'Italie des années 70. Un noir et blanc granuleux, une distance pudique et un film remarquable.

* Par le réalisateur de Fiocoammare, Gianfranco Rosi,  Sacro GRA, Lion d'Or à Venise en 2013, dresse le portrait de sept habitants au long du périphérique romain .

* Enfin, c'est à beau voyage onirique auquel nous convie Pietro Marcello dans Bella e perduta, dans une Italie contemporaine hantée par ses figures mythologiques.