Pendant l’écriture du scénario, les producteurs ont proposéà Lindsay-Abaire, l'auteur de la pièce originale, de rencontrer John Cameron Mitchell. « J’aime le travail de John et j’étais convaincu – bien qu’il s’agisse d’une commande – qu’il saurait insuffler un « je-ne saisquoi » de fantaisie qui ferait de Rabbit Hole un véritable film de John Cameron Mitchell. »

« Il ne faut pas se fier aux apparences, Rabbit Hole est beaucoup plus proche qu’on ne le pense de mes films précédents certes plus comiques et décalés », confie le réalisateur.

« J'ai toujours été fasciné par les histoires dans lesquelles les gens sont murés à l'intérieur d'eux-même set tentent de communiquer. Tous mes films ont ça en commun, ils parlent de cette quête et le disent dans des styles différents, mais au fond, l'âme est la même. Rabbit Hole n’est pas seulement une histoire de deuil, c’est l’absence de communication qui en est le thème majeur. Là où il y a tragédie, il y a absurde. De ce fait, raconter une histoire pareille sans humour ne me semblait pas réaliste.

Becca et Howie ont chacun tort et raison, on voit leurs erreurs au moment même où ils les commettent et on comprend leurs actes.

« J'interprète Becca comme quelqu'un qui porte en elle une telle souffrance que si on l'effleure elle se brise » dit Nicole Kidman. « Cette perte qui la paralyse est là tous les matins à son réveil et paradoxalement sa seule façon de s'en sortir, c'est d'avancer encore et toujours. Elle tente désespérément d'aller du côté de la vie. La seule question qu’elle se pose n’est pas « Comment je faispour vivre ? » mais « Comment vivre ? »

Ce qui, pour moi, rend cette histoire universelle, c’estl’humour, omniprésent même si c'est de l'humour noir. »

 

LES DECORS ET LA LUMIERE

Les extérieurs de Rabbit Hole ont été tournés à New York, à Douglaston, un des quartiers chics du Queens. John Cameron Mitchell a travaillé avec le chef opérateur Frank G. De Marco,son fidèle collaborateur, pour créer un monde subtilement terni qui, pour Becca et Howie n’est plus tout à fait le monde merveilleux, lumineux et sexy qu’il était encore l’an passé –même si le souvenir de cette vie continue à hanter leur maison tel un fantôme.

« J’ai fait en sorte que la palette de couleur du film soit globalement dans les pastels. Les seules couleurs vivessont celles des dessins du fils d’Howie et Becca et du comics de Jason » dit John Cameron Mitchell.

L’UNIVERS GRAPHIQUE

« Depuis tout petit, je suis fan de comics », dit John CameronMitchell, « J’aimais particulièrement Marvel et DC, les SuperHéros. J’adorais Doctor Strange, Le Surfeur d’Argent, The Avengers, X-Men... Ma mère ne voulait pas que j’en achète, ducoup je les cachais pour les amener à la maison. C’est pourquoi les comics, la mythologie et l’animation s’intègrent évidemment à mon travail. »

Dans la pièce Rabbit Hole, l’adolescent écrit une nouvelle relatant l’histoire d’un garçon qui part dans des univers parallèles à la recherche de son père disparu. David et JohnCameron ont décidé d’en faire quelque chose de visuel : un comics.« Au départ, je voulais recréer l’univers d’un artiste don j’admire le travail, Fletcher Hanks. J’ai finalement préféré laisser un illustrateur imposer son style : Dash Shaw.

Pour Rabbit Hole, j’ai demandé à Miles Teller, de passer du temps avec Dash. Ce dernier a adapté sa technique au personnage, il l’a fait de la même façon qu’un acteur s’adapte à son rôle, en imaginant comment Jason s’y prendrait pourcréer son comics. Le comics du film est un objet unique. C’est la seule chose que j’ai gardée du tournage. »

 

LE TITRE

Le titre suggère le célèbre plongeon d’Alice aux pays des merveilles dans un monde étrange et fantastique où surviennent des événements insolites. Il évoque ainsi l'aspect surréaliste de la douleur, de la perte qui laisse presque tous ceux qui en ont fait l’expérience comme des étrangers parachutés dans un monde inconnu.