" Mon film est une chronique, une fable empreinte de réalisme absurde. Un sociologue français est envoyé en mission d’étude en Bulgarie. Après un voyage plein de péripéties, il arrive dans un village au bout du monde, accompagné d’un écrivain bulgare. Il y découvre un microcosme où se mêlent les religions, les ethnies, les sensibilités politiques… Entre les souvenirs et les espoirs, ce lieu est le creuset de situations cocasses et très symboliques de ce qu’est notre époque. C’est drôle, tendre, et finalement cela nous concerne tous… La clé du film, c'est la notion de destin.

Les personnages sont tous tiraillés entre plusieurs camps. Le maire et aussi professeur dans l’école dont il est directeur, chef à la poste où il fait campagne pour le changement de nom des musulmans bulgares – ce qui s’est réellement produit en 1989. Resté seul avec sa femme dans ce village entièrement déserté, il en est devenu fou de solitude, de regrets. Pour rendre sa vie plus intéressante, il commence à se disputer avec lui-même, le "professeur" demandant au "maire" une autorisation de sortir du village…

Il agresse sa propre femme… Puis on découvre qu’une nouvelle campagne de changement de noms se déroule, cette fois, pour des raisons économiques, le gouvernement turc ayant promis des pensions et l’aide humanitaire obtenue auprès des Américains… L’ethnologue français est un témoin, les choses sont rapportées de son point de vue d’Occidental. Son personnage apporte la distance, le recul.

Depuis le changement politique du pays en 1989, l'ancienne Bulgarie communiste  apprend les règles de la liberté de création. Avant, tous les films, souvent de propagande, étaient produits par l’Etat. Puis, pendant presque dix ans, il a été impossible de faire des films, sauf en coproduction européenne, surtout avec la France.

J’ai appris le cinéma en France et j’y ai fait mes premiers pas. Vos institutions m’ont souvent servi de modèles. Depuis les années 2000, notre liberté s’accompagne d’une recherche constante de moyens et c'est une nouvelle difficulté. Même Dieu est venu nous voir a eu la chance d'être coproduit par Martine et Antoine de Clermont-Tonnerre."

 

Peter Popzlatev