Ces retrouvailles découlent d’une succession d'échecs. Celui d’un père démissionnaire incapable d’assumer ses responsabilités et celui d’une réconciliation impossible. Échecs provoqués par la lâcheté d’un géniteur puis par son absence de volonté et de courage : volonté d’être un père et courage d’être un homme.


Alissa Jung, dont Paternal Leave est le premier film en tant que réalisatrice, fait le choix d’une mise en scène caméra à l'épaule dotée d'une image volontairement naturaliste et granuleuse. Se dispensant de tout didactisme, elle privilégie les émotions pour esquisser le portrait humain, nuancé et contrasté de protagonistes abîmés par la vie. Le récit offre d'ailleurs quelques jolis moments de complicité au cours desquels père et fille tentent de resserrer les liens d’une relation détruite par l’abandon.

Paternal Leave aborde également les tourments de l’adolescence au travers de Léo, jeune fille en quête d’amour et de reconnaissance. Le film montre également la violence d’une masculinité toxique et rétrograde au sein d’un environnement patriarcal tandis qu’en contrepoint, les femmes, qu’elles soient compagnes, mères, sœurs ou amies brillent par leur présence et leur compréhension.

Œuvre sensible et humaine filmée à hauteur de personnages, Paternal Leave essaye de comprendre plutôt que de juger. Comme un symbole, l'histoire se termine non pas sur un dialogue mais sur un geste, un non-dit. Sur un de ses silences qui en disent (trop) long. Une question subsiste cependant : les flamants roses sont-ils de meilleurs pères que les humains ? Probablement.