En tournant Singapore Sling, j'avais l'impression de faire une comédie qui comprendrait quelques éléments de la tragédie grecque antique. Plus tard, quand des critiques européens et américains ont dit du film qu'il était l'un des plus dérangeants de l'histoire du cinéma, j'ai commencé à croire que je devais être fou. Puis, quand les censeurs ont interdit le film en Grande-Bretagne, j'ai réalisé, qu'après tout, nous devions tous l'être un peu.
J'ai écrit le scénario il y a vingt ans. J'ai donc un peu de mal à me rappeler où j'ai trouvé mon inspiration. Je pense avoir été influencé par les films noirs européens, et notamment par ceux du Kammerspiel. Mes écrivains préférés sont Gogol et Chandler, mon cinéaste préféré Aldrich.
Michèle Valley est française, Meredyth Herold américaine. Il aurait été impossible de trouver en Grèce, parmi cette société artistique conservatrice de classe moyenne, quelqu'un qui eût accepté de jouer à leur place. Michèle ne parle français que dans des moments de forte émotion. Singapore Sling parle grec parce qu'il est censé me représenter dans le film.
Nous avons tourné ce film dans une atmosphère érotique, humide, violente et très dangereuse. Un critique m'a un jour demandé si les acteurs vomissaient réellement. Je ne lui ai jamais répondu.
Je suis en train de finir un nouveau film, On se retrouvera en enfer, ma chérie. S'il s'est passé pratiquement dix ans depuis mon dernier film pour le cinéma, c'est à cause des thèmes que j'aborde. Mais j'écris des romans, des scénarios, réalise des publicités. Mon nouveau film est une nécroromance. Une histoire d'amour entre un cadavre et deux femmes.
J'essaye de travailler dans la mesure du possible avec les mêmes techniciens et les mêmes acteurs. Mes films sont le résultat d'un travail collectif, ce qui fait que nous n'avons pas besoin de beaucoup d'argent pour les faire. Ils sont financés par des amis et par le Centre du Cinéma Grec.