Note d’intention du réalisateur
Plusieurs de ces survivants sont mes amis. On a partagé la même adolescence insouciante. J’ai été choqué par leur disparition, sidéré par leur retour à la vie. J’ai partagé des nuits entières avec eux, à écouter leurs récits, où l’évocation de leur vécu là-haut revenait sans cesse. Leur tragique – mais aussi fabuleuse ! – épopée les hantait, jour après jour, année après année. C’est encore le cas aujourd’hui. Malgré un best-seller (« Alive! The story of the Andes survivors » de Piers Paul Read, 5 millions d’exemplaires vendus dans la seule langue anglaise), malgré un film hollywoodien (« Alive! » de Franck Marshall, une coproduction Disney - Paramount), nous avions le sentiment que cette histoire n’a jamais été racontée de l’intérieur, que leur parole n’a jamais été véritablement entendue. Et toujours cette sensation grandissante, chez eux, d’avoir quelque chose à nous dire, à nous transmettre, bien au-delà de « l’énorme anecdote »...
30 ans après les faits, je leur ai proposé de faire ce film-là. Un film qui raconte la création d’une société nouvelle, coupée du monde, avec des codes et des règles à réinventer. Pas de leaders au sens classique du terme, mais plutôt un ensemble de personnalités qui se révèlent au fur et à mesure des événements, qui se dirigent, plutôt harmonieusement, vers un objectif commun : sortir ensemble de cet enfer, revenir ensemble à la vie. Une histoire exemplaire de dépassement de soi, de la connaissance de l’autre, qui traite de l’importance de l’amitié et de la solidarité dans des situations extrêmes.