VIDEO | 2013, 10' | Ne manquez pas la rétrospective de ses films au Festival d'Amiens, du 8 au 16 novembre. Voilà l'occasion de redécouvrir Gérard Blain, lancé par la Nouvelle Vague mais adepte inconditionnel d'un cinéma bressonnien, répétant que "Les visages ne mentent pas". On le surnomma le James Dean français lorsqu'il débuta comme acteur aux côtés des plus grandes stars : Jean Gabin, en France, et John Wayne, à Hollywood. Puis Gérard Blain commença à réaliser ses films. Violents, secrets, pudiques... De plus en plus marqués par la radicalité, la souffrance et la révolte. L'envie d'un monde plus pur et plus juste. Il n'en réalisa qu'une poignée, huit seulement, entre 1970 et 2000. Leur simple titre semble parfois raconter toute la vie de leur auteur : Un enfant dans la foule, Le Rebelle, Ainsi soit-il... Son fils, Paul Blain fut son assistant, puis son interprète. Il nous raconte le parcours artistique de son père, de Montrouge à Hollywood, du jeu à la réalisation.
"Après ses débuts aux côtés de Jean Gabin dans Voici le temps des assassins de Julien Duvivier, Gérard Blain est devenu la première star de la Nouvelle Vague, apportant au cinéma français un jeu habité et une présence animale, digne des acteurs de l’Actors Studio de l’époque.
François Truffaut (Les Mistons, qui signe les débuts de la seconde épouse de G. Blain, Bernadette Lafont), ou Claude Chabrol (Le Beau Serge, Les Cousins) font appel à lui pour leurs premiers films.
Blain devient également une star en Italie (avec des films comme le Bossu de Rome de Carlo Lizzani) et on le retrouve avec John Wayne dans Hatari ! d’Howard Hawks. Anticonformiste qui goûtait peu le système hollywoodien, il demeure un acteur à part, que l’on croise dans L’Ami américain de Wim Wenders ou dans L’Enfant de l’hiver d’Olivier Assayas.
Mais Gérard Blain est également un grand cinéaste, demeuré méconnu, voire oublié des plus jeunes générations. Sous l’influence de Robert Bresson, ses films sont d’une exigence stylistique rare et ont un sens pudique de l’autobiographie. Du cinéma à vif.
Des Amis à Ainsi soit-il, en passant par Le Pélican ou Un enfant dans la foule, Blain a tracé un chemin unique dans l’histoire du cinéma français, entre rébellion morale et obstination stylistique. Truffaut avait salué, à l’époque du passage à l’acte de Blain, un « cinéaste puissant », évoquant sa « justesse de ton » et son « ironie affectueuse »."