Nom de code : F3C.

F pour Festival. Et 3C pour les trois continents : Afrique, Asie et Amérique latine, dont les organisateurs passent au peigne fin les productions pour proposer d'en découvrir le meilleur. C'est à Nantes, dans une ambiance forcément métissée, que l'on a pu se familiariser avec  l'oeuvre de l'Indien Raj Kapoor (Inde) et suivre l'intégrale de l'oeuvre de Satyajit Ray (en 2006). C'est encore à Nantes que l'on a mesuré toute l'importance de la nouvelle vague argentine dès 1997 et à nouveau en 2002.

Le Festival, c'est encore une compétition dont le prix est d'une grande importance, permettant à des films peu diffusés (vous avez déjà vu un film africain dans votre multiplexe ?) de se faire remarquer, d'avoir un peu plus de visibilité dans les médias ou de subventions pour leur publicité modeste. Remporter le grand prix, la Montgolfière d'or, à Nantes, c'est cotoyer des prédecesseurs prestigieux : Souleymane Cissé (Mali) en 1979, Hou Hsiao-hsien (Taïwan) en 1984, Abbas Kiarostami (Iran) en 1987, Wong Kar-wai (Hong-Kong) en 1991, Tsai Ming-liang (Taïwan) en 1993, Jia Zhang-ke (Chine) en 1998... Pas mal, pas mal !

En 2008, c'est le mexicain Parque via de Enrique Rivero qui remporte la mise. Et, comme les grands esprits se rencontrent... voici que vous pouvez dès aujourd'hui, sur votre site préféré (UniversCiné ! Y'en a un autre ?) télécharger et voir ce film, si d'aventure il vous a échappé... Le film mexicain n'est d'ailleurs pas le seul nantais du sud à se retrouver chez nous : près de cent films des 3 Continents sont maintenant disponibles sur notre catalogue. Vous pouvez voir désormais chez vous l'oeuvre de Sembene, Djibril Diop Mambety, Idrissa Ouedraogo, Nouri Bouzid, Flora Gomes... et des titres emblématiques tels Halfaouine, Les Silences du palais, Les Baliseurs du désert, qui marquèrent les spectateurs à de leur sortie.

Retour à Nantes. 7 jours pour tout voir, il faut s'organiser ! D'autant que l'édition 2009 du Festival des 3 continents est marquée par l'arrivée d'une nouvelle équipe de programmation, décidée à insuffler un vent nouveau. Les projections se multiplient et trouvent de nouveaux écrans dans la ville. Une salle est réservée à la diffusion, gratuite, de bonus vidéo qui sont autant d'interviews et d'éclairages sur le cinéma, à picorer avant d'aller à la rencontre des grands films. Le cinéma de genre est convié : en rendant hommage au Japonais Kiyoshi Kurosawa (Cure, License to live...), le trait d'union est assuré entre l'exigence cinéphilique et l'activité tous azimuts du cinéaste qui,  à une certaine époque, a tourné à la chaîne des thrillers, des films fantastiques... L'oeuvre de ce Kurosawa-là (ni fils, ni cousin, ni frère de l'auteur de Rashomon et des 7 samourais) est ainsi passionnante, montant en puissance au fil des années, jusqu'à déployer une magnifique maîtrise formelle... notamment dans sa mise en scène de ses personnages préférés : les fantômes.

Enfin, entre le Festival et Universciné, la filiation est évidente : on retrouvera dans les recoins de l'abondante programmation, quelques auteurs maison, parmi lesquels l'Iranienne Mitra Farahani (sur notre site, on peut télécharger un programme qui réunit son premier long métrage Tabous accompagné de Juste une femme, son documentaire sur une transexuelle iranienne) qui présente une autre facette de son travail  : dans une salle, sont exposées ses peintures réalisées sur d'immenses paravents.

Quoi ? Vous êtes encore le nez sur votre ordinateur à lire ce billet ? Vous n'êtes pas dans le train pour Nantes ?