Cette année, le Festival du film d’animation d’Annecy a rendu hommage à la production pléthorique et audacieuse de Warner Bros. Animation. Pour l’occasion, UniversCiné vous propose de (re)découvrir Daffy et Porky sauvent le monde, projeté l’an dernier en première mondiale à Annecy. Sorti discrètement en salles en février 2025, le film de Peter Browngardt est une proposition de science-fiction de haut calibre qui embrasse la folie coutumière de l’âge d’or des Looney Tunes. Attention, pépite !
Scénariste et producteur pour Cartoon Network, Peter Browgardt travaille sur Secret Mountain Fort Awesome, Steven Universe et Adventure Time avant de mettre sa plume à disposition sur Looney Tunes Cartoons (2020-2024), brillant revival de Bugs Bunny et consorts. En 2019, Browngardt soumet à Warner Bros. Animation son concept de « film de science-fiction de série B des années 50 » avec Daffy Duck et Porky Pig. Il met déjà les deux personnages en scène dans le cartoon The Curse of the Monkey Bird. Pour élaborer l’esthétique de son futur long-métrage, Browngardt s’inspire de Bob Clampett, signataire de plusieurs chefs d’œuvres du cartoon tels que Porky in Wackyland (1938) et The Great Piggy Bank Robbery (1946). Annoncé en 2021, Daffy & Porky sauvent le monde mobilise les équipes de Warner Bros. Animation ainsi que les studios Titmouse et Tonic DNA. Le film est prévu pour une diffusion sur HBO Max et sur Cartoon Network. La première du film a finalement lieu le 11 juin 2024 au Festival d’Annecy. Malgré des premiers retours élogieux, Warner Bros. renonce à distribuer le film, qui est récupéré par Ketchup Entertainement sur le territoire américain. En effet, cette structure indépendante distribue Daffy et Porky sauvent le monde sur une combinaison limitée de salles le 13 décembre 2024 avant de le ressortir, bouche à oreille positif oblige, le 15 mars 2025. En France, Le Pacte distribue le long métrage, majoritairement en version française, le 12 février 2025 précédé d’une campagne marketing plutôt discrète. Au final, le film récolte 15 millions de dollars à travers le monde, soit l’équivalent de son budget de départ.
SURVEILLEZ LE CIEL !
La note d’intention du film, à savoir un hommage aux classiques de la science-fiction, s’incarne dans son titre original : The Day The Earth Blew Up: A Looney Tunes Movie (« Le Jour où La Terre explosa : un film Looney Tunes »). Les cinéphiles identifieront immédiatement la référence au Jour où La Terre s’arrêta (Robert Wise, 1951). Dans les faits, le film est avant tout une variation deL’Invasion des profanateurs de sépultures(Don Siegel, 1956). Ici, les cosses extraterrestres sont remplacées par un chewinggum infecté par une substance d’outre-espace zombifiant les humains. Tel Kevin McCarthy chez Don Siegel, Daffy tente de convaincre Porky des dangers de la friandise violette. Bien que produit pour un public familial, le film flirte volontiers avec l’épouvante, notamment lorsque le chewinggum mute en blob tentaculaire et cyclopéen avant d’attaquer Daffy, Porky (tous deux doublés en VO par EricBauza) et leur nouvelle amie Petunia Pig. La séquence convoque The Thing (John Carpenter, 1982) tout en ravivant les métamorphoses traumatisantes du Clayface de la série animée Batman. Browngardt détourne avec malice les codes des récits d’invasion alien à travers un surprenant antagoniste envahisseur doublé en VO par un Peter MacNicol très en forme…
COPAINS COMME COCHON
Plus qu’un récit de science-fiction, Daffy et Porky sauvent le monde propose un regard neuf sur deux personnages que le public connaît depuis plus de 80 ans. En effet, Browngardt s’attarde sur l’origin story commune de Daffy et Porky, leur jeunesse à la campagne aux côtés de Farmer Jim, personnage attachant qui constitue le cœur émotionnel de l’histoire. Le scénario en appelle à l’autonomie du duo, qui doit passer par une phase de deuil tout en devant apprendre la notion de responsabilité pour grandir et sauver leur domicile. À travers ces thèmes universels et abordés avec ludisme, Browngardt illustre avec brio les caractères complémentaires de ses protagonistes, qui finiront par se révéler durant l’invasion qui menace la planète. Si Daffy découvre que sa valeur réside dans ses explosions de folie, Porky trouve confiance en lui en rencontrant Petunia, une inventrice de génie qui joue un rôle primordial dans la lutte contre la menace alien. Si vous n’avez pu voir le film en salle en février, n’hésitez pas à découvrir ce superbe Daffy et Porky sauvent le monde, qui espérons-le, ne sera pas le dernier trésor en animation 2D produit par Warner Bros Animation. That’s All Folks!
Une journaliste obtient le scoop politique d’une vie et se retrouve propulsée au rang d’attachée de presse du nouveau ministre des Affaires étrangères de Suède.
Reprise en main par le monteur du premier volet, la franchise The Descent se poursuit et entreprend de désamorcer toutes les attentes des spectateurs du film précédent, en injectant humour et gore dans l’horreur déjà bien présente.
Ce monument de l’horreur contemporaine convoque toutes les peurs les plus primitives (le vide, le noir, l’enfermement) pour mieux les renvoyer à la tête de ses spectateurs. Et ne laisse personne indifférent.
Plongée glauque et poisseuse dans l’histoire d’un tueur en série, ce film de Fatih Akin joue avec le dégoût et le mauvais goût pour dresser, en creux, un implacable portrait de l’Allemagne des années 1970.
Xavier Dolan réunit un casting de stars françaises dans un huis-clos familial de haute volée. Le chaos de la mise en scène et des dialogues les plongent dans un vertige dramatique aussi spectaculaire qu’intime.
Virage radical dans le cinéma de Dolan, Tom à la ferme est un thriller vénéneux sur le fil entre humour noir, sensualité et violence. Hommage à Hitchcock, le film joue sur un suspense trouble et une bande originale obsédante. Un bijou de noirceur.
Laurence Anyways est une ôde aux marginaux. Xavier Dolan déploie ses obsessions esthétiques à travers cette odyssée intime dans laquelle Melvil Poupaud tient un des rôles majeurs de sa carrière. Un chef-d’œuvre profondément humain.
À seulement 19 ans, Xavier Dolan livre un premier film qui contient toutes les obsessions de son cinéma. Il explore la complexité des relations mère-fils à travers des dialogues à la poésie cruelle et dans une mise en scène millimétrée.
Pour son huitième film, Xavier Dolan signe un mélodrame à la simplicité universelle et à la poésie douce. Avec sa mise en scène épurée, il revient aux sources québécoises de son cinéma et clôture avec tendresse un pan de sa filmographie.
Portée par l’interprétation de Matthew Gurney, Reunion fascine en faisant de la surdité le cœur de son écriture sérielle. La langue des signes élève la mise en scène vers une intense grammaire auditive et visuelle, celle de la réparation et du pardon
Pilier de la filmographie de Kathryn Bigelow, qui lui a valu les Oscars du meilleur film et de la meilleure réalisation, ce long-métrage d’action immersif interroge l’addiction à l’adrénaline et le pouvoir captivant de la guerre.
Le documentariste Piero Usberti signe un film de voyage qui le replace avec humilité là où il se trouve : dans la peau de l’étranger, celui qui observe attentivement et capte tout à la fois la résilience et la singularité du peuple palestinien.
Rencontre entre un génie du cinéma, Stanley Kubrick, et un de la littérature fantastique, Stephen King, Shining a redéfini le cinéma d'épouvante pour le hanter à jamais, dans un film-cerveau qu'on n'en finit plus de décortiquer.
Véritable tour de force esthétique utilisant la technique des papiers découpés, ce film d’animation s’impose comme une pièce majeure de l’histoire du cinéma. Une symphonie épique inspirée des Contes des 1001 Nuits et de l’expressionnisme allemand.
Ce mélodrame teinté d’americana, le terreau de son cinéma, prouve la versatilité de Jeff Nichols. Adaptant l’histoire vraie de Richard et Mildred Loving, il signe un vibrant pamphlet antiraciste doublé d’une œuvre aussi magistrale que poignante.