De quoi parle Gangs of Wasseypur ?

C'est un drame sur la vengeance, les comportements sociaux. A travers les personnages, on découvre l’histoire de cette région. Ils ne sont pas très éduqués et sont fascinés par les stars de Bollywood qui inspirent leurs vies. C’est un récit spectaculaire et distrayant. C’est à ce jour mon film le plus ambitieux et le plus grand public.

Comment avez-vous filmé les scènes de séduction ?

Avec en référence les scènes d’amour des classiques du cinéma indien. Dans la tradition indienne, on ne touche pas une femme avant de l’avoir épousée. Notre séquence d’ouverture est comme cela, le couple se regarde uniquement, s’observe sur un tempo très lent avec de la musique en fond sonore, la fille est timide et le garçon entreprenant. Lorsqu’on passe aux scènes contemporaines, on comprend que les choses ont bien changées.

Et Bollywood ?

Si Gangs of Wasseypur n‘est pas bollywoodien dans sa forme, il l‘est dans le fond car nous décrivons des personnages influencés par Bollywood. Nous avons souhaité montrer cette empreinte et pourquoi Bollywood est si populaire. Mais notre regard se tient à distance. Mon travail a toujours été davantage soutenu à l’étranger. Avec le boom d’internet, l‘émergence d‘une classe moyenne et l‘essor d‘une jeunesse urbaine, les goûts ont changé. La population indienne s‘est ouverte au monde. Une nouvelle génération de cinéastes a pu trouver un public avec des films à mi-chemin entre le cinéma d‘auteur et le cinéma commercial. Le cinéma est en train de radicalement changer de visage. Même à Hollywood, les frères Coen, Christopher Nolan et David Fincher, qui étaient considérés comme des auteurs, dessinent désormais le paysage mainstream.