La guerre est l’une des situations les plus terribles qu’il est donné à vivre, à cause de la proximité constante de la mort. Si la mort vous poursuit en temps de paix, alors la paix devient une situation de même essence que la guerre. Les temps de paix sont parfois plus compliqués que les temps de guerre.
Le matérialisme reprend vite le dessus et vous commencez à oublier toutes les choses essentielles que vous avez pu apprendre pendant la guerre. Les gens se battent pour une place au soleil, découvrant que la Terre n’a pas arrêté de tourner entre-temps. Nous ne pouvons pas oublier le passé et le futur ne peut pas l’eff acer. Vivre dans l’illusion n’aidera personne à acheter son billet pour l’Union Européenne, car le mensonge se répandra comme une tumeur et consumera tout être vivant.
Ces relations entre la vie et la mort, la guerre et la paix, le passé et le futur créent beaucoup d’absurdités dans la vie des gens de mon pays. Elles suscitent beaucoup de questions sans réponse. La douleur et la joie, l’amour et la haine, l’Est et l’Ouest nous arrivent en même temps et s’entrechoquent.
Tout cela rend mon pays et ses habitants très spéciaux, mais il n’est pas toujours facile de trouver son chemin dans la confusion et l’injustice de l’après-guerre. Comme il n’est pas facile d’avoir des rêves et de croire qu’ils peuvent se réaliser. Les habitants de Slavno trouvent la force de résister et d’avoir leurs propres rêves, même s’il s’agit parfois de cauchemars. La liberté, c’est de pouvoir choisir et ils lutteront pour elle. Si vous imaginez un village complètement détruit recouvert de fleurs magnifiques, de fruits énormes et d’eau pure, alors vous comprendrez l’essence de cette poésie qui montre que la construction est bien plus puissante que la destruction.
Peut-être qu’aujourd’hui, en 2008, cela semble excessivement romantique d’entendre qu’il vaut la peine de se battre pour la vérité et la liberté. Mais sans doute avons-nous seulement besoin qu’on nous le rappelle. Si l’art ne s’en charge pas, qui donc le fera ?