D'une époque à l'autre, ses films semblent même, parfois, faire le grand écart. C'est pourtant toujours le même regard perçant qui préside à la destinée de récits qui vont d'une description du quotidien à l'allégorie la plus furieuse.

Née en  1934 à Soroki (actuellement en Moldavie), la cinéaste a d'abord fait des études de philologie à l’université de Moscou puis étudié au VGIK (Institut national de la cinématographie) sous la direction de S. Guerassimov et T. Makarova, obtenant son diplôme en 1959. L'année suivante, elle réalise, en collaboration avec son mari Alexandre Mouratov, son premier film, un moyen métrage de 47 minutes, Au bord du ravin abrupt. Mais, c’est en 1967 que sa carrière démarre vraiment avec Brèves rencontres. Elle y joue l’un des deux rôles principaux, celui d’une femme qui partage sa vie entre ses responsabilités dans la gestion des immeubles locaux et son amant. Peu apprécié par la censure le film n’aura qu’une distribution réduite. Il faut attendre les années 90 pour que sa renommée s'établisse fermement, et soit reconnue internationalement avec Le Syndrome asthénique (Ours d'or à Berlin) et Le Miliicien amoureux.

Le festival Entrevues 2010, de Belfort, lui consacre un hommage avec six films rares qui feront pour beaucoup l'effet d'une révélation. Impossible de passer à côté de cet événement !

Nous sommes donc allés à la rencontre d'Eugénie Zvonkine, historienne du cinéma, qui a consacré plusieurs années à l'étude de cette oeuvre encore trop méconnue. Elle explique pour Universciné à quel point cet univers est foisonnant, inépuisable... et enthousiasmant jusque dans ses points de rupture et sa rage.

Un entretien trop court... dont voilà tout de même 30 minutes bien choisies. 

 

Toute la programmation des films de Kira Mouratova pendant le Festival Entrevues de Belfort sur : http://www.festival-entrevues.com