De 1976 à 1983, une dictature se met en place en Argentine et la junte militaire fait régner l'ordre. Les opposants de gauche sont parqués dans des camps de détention et se voient retirer leurs enfants nouveaux-nés. On estime entre 300 et 500 le nombre d'orphelins adoptés par des couples de la majorité alors en place et qui doivent depuis recouvrer leur identité. Eva y Lola met en scène deux de ces jeunes trentenaires, l'une fantasmant la présence de son père, mort durant la dictature, l'autre découvrant que le sien, toujours en vie, a peut-être été l'un de ces tortionnaires encore en liberté. Sabrina Farji évoque ici la terrible actualité de ces disparitions d'enfants et le travail délicat qu'est la mise en fiction de son histoire contemporaine.