Qu’est-ce qui vous a le plus séduit dans cette histoire : que ce soit, contrairement à vos films précédents, une vraie comédie ?
Le ton et les dialogues du script étaient excellents. Il y parfois des éléments comiques dans mes autres films, mais c’est en effet ma première comédie.
Vous êtes norvégien, le scénariste, Kim Fupz Aakeson est danois et votre acteur principal, Stellan Skarsgård, est suédois : comment avez-vous collaboré ?
Le script de Kim était l’un des meilleurs que l’on ne m’ait jamais envoyé. Toute retenue nationaliste aurait été ridicule ! Nos langues sont proches mais l’écriture danoise m’a permis d’appréhender ma propre langue différemment.
Pouvez-vous nous préciser comment vous avez travaillé avec Kim Fupz Aakeson ?
Faire un film est un exercice collectif. Le script est au coeur de tout, c’est le squelette, ce à quoi tout le monde se raccroche. Mais ce n’est pas non plus un texte sacré, intouchable.
Et puis, la vision du réalisateur ne se suffit pas à elle-même : on est confronté aux lieux, aux réalités de terrain. Et pourtant, si le script est vraiment bon, avec des dialogues ciselés et raffinés et un ton juste, il devient réellement précieux, ce qui a été le cas avec Un chic type. L’écriture s’est faite à 4 mains avec Kim Fupz, car, même si j’avais immédiatement adhéré au script, certains points me travaillaient. Kim Fupz est doué et efficace, ce qui nous a permis d’aller vite. Cela fait partie du processus de création ; même les acteurs apportent souvent un petit quelque chose qui me surprendra tout autant que le public !
Vos personnages sont à la fois terriblement attendrissants et extrêmement drôles, surtout Ulrik et sa logeuse. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
C’est un peu compliqué d’être un être humain entouré de nazes ! Ces personnes ne sont ni dans l’élite sociale ni dans la fleur de l’âge. Du coup, c’est amusant de les voir se débattre pour conserver un semblant de dignité. Et en même temps, c’est un peu difficile de vieillir avec classe - surtout quand on n’est pas nécessairement jeune, beau, riche ou heureux, ce à quoi nous sommes censés aspirer !
Le choix de Stellan Skarsgård dans le rôle d’Ulrik s’est-il imposé ? Oui. Dès la lecture du script, j’ai pensé à lui. Certes, je discute un peu des personnages et des thèmes avec les acteurs, mais travailler avec quelqu’un qu’on connaît si bien permet d’être plus imaginatif, d’oser plus. On devient plus audacieux.
Un chic type a été produit avec un budget assez modeste, en quoi cela a influencé la réalisation du film ?
Nous avons dû faire des choix et fixer des priorités. Nous avons tourné le film à quelques kilomètres d’Oslo dans une usine désaffectée. J’ai aussi fait des économies en servant de chauffeur à Stellan ! Et puis comme j’avais déjà travaillé avec la plupart des acteurs, le tournage ressemblait plus à une réunion de famille qu’autre chose.
Propos recueillis par Annika Pham