" Medianeras est inspiré de mon observation de la ville de Buenos Aires et de ses habitants. J’ai récemment découvert quelques lignes de Luis Martín-Santos, un psychiatre, qui font parfaitement écho à mon film : « Un homme est à l’image d’une ville et la ville à l’image de ses habitants. dans une mégalopole, cet individu découvre non seulement sa détermination et sa raison d’être en tant que personne, mais aussi, son incapacité à mener à bien son existence, la ville lui opposant des obstacles insurmontables. »
J’ai pensé Medianeras comme une fable urbaine, une conception artificielle et humoristique de la vie moderne dans les grandes villes. Mon film est très influencé par l’architecture, je l’ai construit autour de quatre piliers :
1. Les villes / Buenos Aires. Le film est une réflexion sur les villes, que nous créons à notre image et qui nous ressemblent : chaotiques, imprévisibles, contradictoires, illuminées, appauvries et hostiles. De façon inexplicable, la ville est à la fois attirante et dérangeante.
2. La solitude urbaine / la névrose collective. Une personne qui partage un immeuble avec 50 autres personnes se sent seule. Dans le métro, 100 individus, indifférents les uns aux autres, rentrent chez eux après une journée de travail. Le fait d’être entourés, au lieu de nous apaiser, nous rend extrêmement nerveux. aujourd’hui, cela ne me surprendrait pas d’entendre parler de crises d’angoisse se répandant plus vite que le virus de la grippe H1n1.
3. L’isolement. Pourquoi avons-nous autant d’aimants à notre frigo représentant des sociétés de livraison à domicile que d’amis ? Pourquoi la technologie, qui devait nous rapprocher les uns des autres, a-t-elle failli à sa mission ? La modernité nous offre le piège parfait : le confort, l’excuse idéale pour nous enfermer, nous isoler et nous préserver. C’est un fait : pour partager des choses importantes entre nous, nous utilisons le « tchat », l’e-mail ou les textos.
4. Rencontres / Echecs / La recherche de l’amour. Nous le savons tous : « L’Amour est la réponse à tout. » Mais il est si difficile à trouver ! Martín et Mariana rencontrent des personnes avec qui ils pourraient se lier. C’est un peu comme des éléments qui s’emboîtent parfaitement l’un dans l’autre pour créer une machine bien huilée. mais quand les engrenages sont finalement lancés, ils n’arrivent tout simplement pas à s’accorder. il faut donc continuer à chercher la pièce manquante, la personne qui est faite pour vous. mais comment y arriver avec tous ces obstacles ? deux voisins qui pourraient se rencontrer peuvent passer des années sans y parvenir. les personnages de Medianeras ne perdent cependant pas espoir. Ils poursuivent leur difficile quête de l’amour, défiant leurs peurs et leurs revers."