Falafel est votre premier long métrage, quel a été votre parcours ?

J'ai toujours rêvé de faire du cinéma. Très jeune, j'ai eu la chance d'aller au cinéma plusieurs fois par semaine avec mes parents, des amoureux fous du septième art. Dès l'âge de trois ou quatre ans, ils m'emmenaient dans les salles où je voyais parfois des films qu'un petit garçon n'était pas supposé voir !

Puis la guerre a éclaté au Liban, et pour moi qui ai grandi dans des abris souterrains, le cinéma était une soupape, une façon d'échapper à la réalité.On prenait des risques pour aller voir un film. Dès que les canons se taisaient, je courais dans les ciné-clubs où je retrouvais des passionnés de cinéma. J'ai vu des films magnifiques en salles dans des situations incroyables. J'ai visionné des centaines de VHS. Les films remplissaient toute ma vie, le cinéma était mon seul oxygène, mon seul but.

Comme il n'y avait pas d'école de cinéma au Liban à cette époque, j'ai commencé par faire des études d'architecture puis très vite, je suis venu suivre des cours de cinéma à Paris. J'ai commencé à réaliser mes premiers courts métrages tout en animant des ateliers d'écriture de scénarios à l'Université de Beyrouth. Faire du cinéma n'est pas le métier que j'ai choisi, c'est une évidence, une passion vitale pour moi. Il donne un sens à ma vie.

Votre film séduit par un ton particulier. Une narration libre, fluide, s'échafaude autour de situations simples, quotidiennes, brusquement bousculées par des éclats d'une violence inattendue, ou par des échappées vers l'humour.

Je voulais que le film soit ancré dans le réel, sans pour autant m'interdire d'aller parfois dans la fantaisie ou dans une dimension lyrique.

L'histoire se situe dans cette période extrêmement complexe de l'après-guerre civile au Liban. Officiellement il n'y a plus de combats depuis une quinzaine d'années et pourtant, les gens vivent dans un état de tension exacerbée, comme s'il y avait à chaque coin de rue une nappe de gaz qui n'attendait qu'une étincelle pour s'enflammer.

Le fait de concentrer l'action en une nuit me permettait d'exposer cette rage de vivre qui aide les gens à tenir malgré ce passé non assimilé, et un présent instable. Qui pourrait mieux représenter cela que la jeune génération avec son insouciance ? Je voulais absolument faire sentir cette dichotomie entre une société qui aspire à une certaine joie de vivre et un climat où, sous une apparente douceur, tout peut exploser.

On ne sort pas indemne d'une guerre civile. Le Liban est une démocratie maquillée. Un de mes courts métrages abordait le thème de la mémoire. Quand la guerre s'est arrêtée il n'y a pas eu de débat sur ses causes, et en conséquence, les problèmes qui étaient à l'origine sont toujours présents.

Qu'est-ce qu'on a appris de tout cela ? Qu'est-ce qu'on a fait pour ne pas répéter le même schéma ? Rien, puisqu'on est retombé dans des conflits incroyables.

Ce climat de tension qui sous-tend le film a un côté étrangement prémonitoire, le premier ministre Rafik Hariri a été assassiné peu de temps après le tournage, puis il y a eu l'opération militaire d'Israël au Liban.

Si on continue comme ça, le volcan va de nouveau se réveiller, et on connaîtra un retour à la violence. On traîne ce boulet du passé sans vouloir en parler. Les gens avaient tellement envie d'oublier, de rattraper le temps perdu. Ça, je peux le comprendre.

Quand j'étais petit durant la guerre, un obus a détruit le dernier étage d'un immeuble proche de chez moi. Et tous les jours, je voyais ces voisins retaper leur maison, alors qu'ils savaient qu'un tir pourrait de nouveau tout détruire. J'ai toujours été frappé par la ténacité de l'être humain à survivre. En même temps, on oublie un peu trop vite le malheur, alors on refait les mêmes erreurs, faute d'avoir acquis cette maturité qui permettrait de construire une vraie démocratie, un pays stable et définitif.

Parlez-nous de Toufic, le personnage principal de Falafel.

Toufic est représentatif de cette nouvelle génération qui n'a pas envie de subir les erreurs de celle qui l'a précédée. Ils accusent leurs parents, leurs grands frères d'avoir ruiné le pays et saboté leur vie. Ils éprouvent un terrible sentiment de frustration d'être obligé de vivre dans les traces de la guerre.

Sur un plan positif, cette génération a grandi dans l'espoir d'une paix réconciliatrice. On y a cru, c'était très beau.On a commencé à reconstruire. Il y a eu un formidable élan d'énergie. La génération à laquelle j'appartiens a grandi pendant la guerre, on a acquis ce sentiment qu'il faut agir immédiatement, car qui sait de quoi demain sera fait !

C'est aussi pour cela que le film se déroule en une nuit. Pour Toufic et ses amis, il faut croquer la vie maintenant. C'est un mode de vie hérité de l'époque de la guerre. Vivre intensément, tout de suite, jusqu'au bout. Si on veut s'amuser, on le fait jusqu'à l'extrême, on fait tous les bars, toutes les fêtes, on vit à fond car demain on sera peut - être enterrés dans les abris.

J'ai voulu que le rythme du film donne cette impression de vie en accéléré. C'est aussi pour cela que le film se termine au présent, on vit l'instant sans savoir de quoi le lendemain sera fait.

Votre narration rappelle la tragédie classique.

Oui, mais en même temps je n'ai pas voulu faire une tragédie mais plutôt une tragi-comédie en favorisant aussi des situations drôles. C'est tout à fait comme notre vie quotidienne, comme notre société. Un mélange de joie de vivre et de tension.

Quant à l'unité de temps qui peut en effet souligner la condition de vie des Libanais, cela me permet de proposer une sorte d'expérience en direct au spectateur. Cette concentration par exemple le place plus directement face à une violence qui surgit par surprise, comme dans la réalité où en fait, on n'est jamais préparé à la violence, comme à la mort.

Le film commence par un tout petit incident qui montre dans quelle société on s'aventure. Un type dans sa grosse voiture s'engage dans une rue étroite en sens interdit et oblige Toufic, sur son scooter, à se ranger pour ne pas être écrasé. La scène est drôle, anecdotique et en même temps, il y a déjà cette violence sous-jacente que je fais monter en crescendo par de petits indices.

Toufic est d'abord témoin de cette violence, puis il en est victime, et il y prend part. Il finit par ne plus supporter cette situation qu'il subit, il ne veut plus être humilié.

Toufic bascule dans une histoire qui peut changer sa vie.

J'ai bâti le film en deux actes, une structure plus moderne que la construction classique en trois actes. La rupture entre les deux actes arrive d'un coup, sans alerte,  sans  préparation,  ce  qui  permet de plonger directement le spectateur dans les situations.

J'aime que la vision d'un film soit une expérience de sensations pour le spectateur. Cette structure est beaucoup plus difficile et plus risquée à mettre en place, j'ai longuement travaillé pour maintenir l'équilibre.

Je voulais faire un film qui ne soit pas un documentaire, ni une radiographie sur le Liban, mais un film libanais à dimension universelle.

En effet, il n'y a pas que Liban qui danse sur un volcan, toute une jeune génération peut se reconnaître dans cette peur du lendemain !

Oui, j'ai beaucoup voyagé avec ce film, et en allant le présenter dans divers Festivals de Berlin à Tokyo, à New York, en Amérique du Sud, j'ai été frappé par l'identification des spectateurs et leur empathie avec Toufic et les autres personnages.Toutes les sociétés sont en rupture, et partout dans le monde les jeunes générations sont inquiètes, elles ont souvent les mêmes peurs. Et tous ont envie de s'étourdir dans le plaisir immédiat. La violence de l'être humain est malheureusement universelle. Elle existe sous tous les paysages, dans toutes les langues, toutes les cultures. Toufic est un être encore à l'état brut, à l'état pur, et qui ne peut plus encaisser la situation.Qui ne veut plus. Il se révolte. Il tente de mettre en application, instinctivement, naturellement, le fantasme de tout un chacun face à une telle condition de vie. Ce que notre raison nous interdirait, son innocence lui permet, ce que notre esprit cartésien nous empêcherait de faire, son intégrité l'y pousse. Mais finalement, c'est l'innocence, le pardon, et l'impuissance face à un petit frère qui l'emportera.

C'est l'humiliation qui engage Toufic sur le chemin de la vengeance. Comme tous les jeunes Libanais de sa génération, Toufic voudrait simplement qu'on le laisse vivre. Ne plus éprouver la pression de cette violence latente dans un pays qui peut encore basculer dans une folie meurtrière.

Oui, ce garçon voudrait vivre, aimer, s'amuser comme tous les jeunes de son âge. Et à un moment donné, il ne supporte plus d'être victime d'une injustice, il n'en peut plus d'être humilié.Toufic est un homme blessé, on le voit à un moment s'isoler et pleurer. Ce thème de l'humiliation est très présent dans cette partie du monde. Dans la scène où Toufic se regarde dans la glace, je pense que le film dépasse le propre sort de Toufic pour parler d'un peuple humilié.Ce sentiment de frustration et d'impuissance est insupportable, et malheureusement, la vengeance est un instinct de base qui peut nous faire réagir comme il y a trois mille ans !J'ai vu des gens prêts à perdre leur vie parce qu'ils ne parvenaient plus à accepter de subir une humiliation constante. L'être humain a besoin d'un minimum vital de dignité.

Toufic est en passe de devenir un homme, de s'insérer dans la société, de choisir une femme... « Tu veux faire l'homme ! » lui dit le type qui lui vend une arme.

Oui, cette histoire est aussi un parcours initiatique. Toufic, c'est la promesse d'un homme à venir, une page blanche en train de s'écrire. Il joue à l'homme, mais il est encore dans l'innocence. Il a ce côté enfantin et immature de croire qu'un flingue lui donnera une carrure d'homme. Cette association homme-flingue qui symbolise la puissance et la virilité vient aussi de son histoire et de sa culture. Depuis son enfance, il a vu tant d'hommes avec des flingues...

Ce thème du passage de l'immaturité à la maturité est présent dans tout le film, c'est l'histoire du Liban, celle de Toufic, et celle de son petit frère....

Exactement, ce thème est aussi illustré à travers cette image du petit frère de Toufic en train de fumer une cigarette. Il vit son enfance en accéléré. Il veut reproduire cette image du grand frère qui le fascine, mais il mouille encore ses langes comme un petit bébé !

Là, il y a une part plus intimement autobiographique dans cette relation fraternelle entre Toufic et Rami, vous avez dédié votre film à votre frère Roy.

En effet, ce film est dédié à mon petit frère auquel j'étais extrêmement attaché et qui a disparu tragiquement à l'âge de 17 ans. Ce terrible drame que notre famille a dû surmonter est une sorte de mise en abîme avec la situation au Liban où la vie doit continuer, malgré tout...

C'était important pour moi d'extérioriser ces sentiments, de mêler mon histoire personnelle et l'histoire de mon pays.Le film aborde doublement le thème de la fraternité, à travers deux frères, et à travers une jeune génération qui subit encore les séquelles d'une guerre fratricide.

Malgré la tension, l'humour est omniprésent. Avec par exemple des personnages comme Abboudi, les jumelles Sofia et Lauren, ou encore cette séquence où l'on voit à la TV des astronautes de la NASA écrasés par un falafel astéroïde sur la lune !

Au Liban, on a l'esprit rieur, c'est une force dans les grands drames.Il y a aussi des scènes de comédie dans le quotidien grâce à la culture orientale de la poésie qui mêle le rêve, la magie, les croyances en des légendes anciennes, des contes proches de la mythologie.Pour séduire Yasmin, Toufic fait apparaître une étoile filante ! Je prends beaucoup de plaisir à inventer ces représentations et ces situations.Pendant la guerre, mon imagination me permettait d'échapper à la réalité en inventant des images, des histoires, des personnages.

Comme le personnage extrêmement attachant du vendeur de falafel, une sorte de philosophe de la rue avec le charme d'un conteur oriental.

C'était un bonheur d'écrire ce personnage exprimant une philosophie populaire proche de la croyance. Sa conviction est telle que personne ne met en doute ses histoires ! On a tous envie d'y croire, envie de partager ensemble des espoirs fous.

Et aussi ce barbier au début du film avec sa théorie incroyable : « Si l'on créait le lobby des deux-cent mille danseuses orientales du Liban, et on l'exportait dans le monde, on pourrait faire trembler les grandes puissances du globe! »

Ces personnages inventés sont représentatifs de la vie à Beyrouth où par exemple les chauffeurs de taxi vous racontent des histoires magnifiques, ils extrapolent des théories invraisemblables qui semblent totalement crédibles ! Ces gens-là ont un rôle social dans notre société.Le "falafel fuyant" est une métaphore de l'anti-conformiste qui prendra corps dans ce que vit Toufic durant cette fameuse nuit. Le vendeur rappelle l'épisode de la pluie de falafels à Sumatra qui, pendant quinze jours, apporte une manne, c'est le bonheur inespéré !

Quand plus tard, juste avant d'accomplir son acte de vengeance, la pluie de falafels tombe sur Toufic, on sait qu'il va abandonner son idée de vengeance. Il redevient l'innocent qu'il a toujours été, quelqu'un de bien tout simplement.

Ces légendes sont comme des oracles, elles ont un pouvoir prophétique.J'aime bien également redonner un autre sens à des icônes universelles et à des images tout à fait réelles, comme avec les premiers pas sur la lune par exemple. Et le cinéma est encore l'outil, ou le jouet, le plus merveilleux !

Un mot sur le titre du film Falafel.

Pour moi, ce mot est synonyme de vérité. Les falafels sont des boulettes frites dans l'huile, un plat local et populaire qui peut réunir toute la population dans sa diversité et ses divergences.

C'est le Liban du peuple mais en même temps, c'est le Liban tout entier. J'ai imaginé un monde où le falafel représenterait une manière de penser, une façon de vivre, une nouvelle vision des choses.

Le falafel ne serait plus "la bouffe du pauvre", mais une philosophie dans la vie. Une douceur aigre et piquante. Une comédie dramatique et décalée dans ce pays excentrique qu'est le Liban.

J'ai voulu également communiquer à travers Falafel un ensemble d'émotions que l'on ressent à Beyrouth. C'est de l'ordre de l'impalpable, de l'insaisissable. Des choses qui flottent dans l'air autour de soi quand on est dans ses ruelles. Ce sont des états d'âme difficiles à traduire par des mots.

Des moments de magie qui vous marquent sans que vous ne puissiez les capturer.Des parfums, des sonorités, des perceptions. Seul le cinéma peut traduire cet ensemble de sensations.

Cette histoire qui aurait pu connaître un bain de sang, finit par une séquence d'une grande tendresse.

Toufic s'endort auprès de son jeune frère comme l'enfant qu'il est redevenu. Ils semblent alors ne faire qu'un. Pendant toute cette nuit initiatique on découvre des tentatives de métamorphoses de l'immaturité à la maturité. Le film développe l'idée d'un mouvement, d'une quête. Toufic ne voit pas aboutir tous ses désirs de changement.

La vie choisit aussi pour lui, il ne maîtrise pas tout. Pour grandir, il faut abandonner des rêves et des cauchemars sur sa route. La relation de Toufic avec Yasmin n'est que la promesse d'une histoire d'amour potentielle. Toufic n'ira pas au bout de son désir de vengeance. Le moment n'est pas encore arrivé pour qu'il perde totalement son innocence.

C'est un film sur le désir d'espoir. Même si la fin n'est pas totalement optimiste, puisqu'elle est au présent de la narration, que se passera-t-il le lendemain ? Renoncer à se venger peut sembler être un échec. Pour moi alors, cet échec est de bon augure. Cet acte aidera Toufic à évoluer, à devenir un homme.

Dans votre film, les femmes sont plus en retrait, mais omniprésentes.

La maman de Toufic représente la cellule familiale, le pivot de l'équilibre. C'est la mère qui prend soin et qui s'inquiète, et dans ce monde-là, il y a de vrais risques. Il y a aussi le rapport entre les fils et cette mère jeune et belle. La pudeur de cette femme mais aussi sa séduction, tout cet univers féminin très important et auquel les hommes en Orient sont très sensibles.

La femme, c'est aussi l'envie d'aimer, de construire un couple, une famille. Le personnage de Yasmin symbolise ce désir d'amour. La pudeur de cette femme mais aussi sa séduction, tout cet univers féminin très important et auquel les hommes en Orient sont très sensibles.

Vous êtes entouré de jeunes acteurs et de techniciens de talents. Comment le film a été produit et tourné ?

C'était une expérience incroyable ! Je l'ai démarré sans budget, j'étais prêt à tout pour tourner. Au départ, l'aventure a pris forme grâce au soutien d'amis comédiens et techniciens animés de la même passion pour le cinéma. Ils ont tout donné au film, leur énergie, leur temps, leur talent, malgré les conditions souvent très éprouvantes d'un tournage entièrement de nuit.

On a vécu comme des chauves-souris pendant sept semaines ! Pour que les comédiens aient un jeu tout à fait naturel, et que les dialogues semblent improvisés, on a répété longuement chaque scène très écrite du scénario, avant d'entamer le tournage. J'ai une vraie passion pour les acteurs et j'adore les diriger !

Toufic Farroukh a signé la BO du film. Sa version revisitée de Lili Marlène au parfum de falafel est des plus savoureuses !

Toufic  Farroukh   est   un   musicien   pluridisciplinaire, saxophoniste,   compositeur,  jazzman,   il   a   été  aussi l'accompagnateur de Fairuz, la grande voix de l'orient. Sa musique est à l'image du Liban, des ambiances à la fois nostalgiques et contemporaines.

Je voulais une musique qui, tout en ayant des sonorités très actuelles, rappelle les musiques des années soixante-dix.

On assiste à un renouveau du cinéma libanais avec des films comme Falafel, et d'autres.

Pour la génération précédente, le cinéma était un outil politique et de militantisme, ils étaient pratiquement des combattants. Et la guerre était leur thématique centrale. Les cinéastes actuels se penchent davantage sur la quotidienneté, le temps présent, tout en développant des sujets plus universels et un cinéma plus formel. Les conditions de tournage sont toujours difficiles, avec un maximum de deux ou trois films produits par an, il n'y a   pas   d'industrie  du   cinéma  au   Liban, toutes les infrastructures sont à réinventer pour chaque projet.

Faire un film au Liban, ce n'est pas seulement fabriquer un train, c'est aussi monter les rails ! Je ne sais pas si on peut déjà parler de la " Nouvelle Vague libanaise" mais je pense que tous ces films sont porteurs de belles promesses pour l'avenir du cinéma libanais.

Entretien réalisé par Gaillac-Morgue pour le dossier de presse du film, Juillet 2008.